22/04/2013

LETTRE OUVERTE A FRANCOIS COMMEINHES

Bonjour François,

Le moment est venu de te dire le fond de ma pensée qui, je le crois, rejoint celle de la grande majorité des Sétois.

Depuis que j’observe la situation dans laquelle se trouve la ville, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il y a à tes côtés quelqu’un qui a profondément et durablement perverti les principes élémentaires de la démocratie locale : respect des autres, liberté d’expression, tolérance, égalité de traitement des entreprises et des employés municipaux, tout cela en faisant appel aux plus bas instincts des courtisans qui ne trouvent d’exutoire à leur hargne et à leurs envies que dans la délation.

Je ne peux imaginer que tu ne t’en sois pas rendu compte. Mais, faute de volonté, tu le tolères même si tout ton être réprouve une telle attitude.

Je sais la pression qui s’exerce sur toi pour que tu te représentes. Les parasites qui t’entourent espèrent en effet continuer à profiter de ta position pour se goberger sur le compte de la collectivité. Mais je devine que tu as compris que cela ne pouvait plus durer et que les Sétois vont être amenés à te le dire de façon extrêmement cruelle. C’est la loi de la démocratie. Si tu ne comprends pas tout seul leur message, les électeurs le hurlent.

Il me semble que tu pourrais éviter ce camouflet. La fin de ton mandat est désolante. Tu ne seras donc de toute façon pas réélu. Et tu le sais. Tu as encore le temps de réfléchir, mais pas trop. Après la Saint Louis, tu devras prendre ta décision définitive de te représenter ou de laisser la place. Les électeurs sont assez grands pour savoir ce qu’ils ont à faire. Et les élus, en République, n’ont aucune marge de manœuvre pour imposer leur choix. Inutile de désigner un dauphin. Les électeurs n’obtempèrent pas aux ordres d’un élu déchu. Ils choisiront ton successeur au nombre de ceux qui brigueront leurs suffrages.

Tu pourras observer le combat de loin. C’est le meilleur conseil que je peux te donner, pour toi-même et pour Sète.

Crois bien, même si tu peux en douter, que cette lettre ne m’est dictée que par un sentiment d’apaisement. Toute guerre intestine, organisée par les personnes peu recommandables que tu connais, serait catastrophique dans un contexte où notre énergie doit être entièrement orientée vers le redressement de la vie locale actuellement bien mal en point.

Je n’espère pas de réponse de ta part mais je resterai attentif à ta décision pour agir en conséquence. En attendant, je continuerai à faire aux Sétois les propositions portées par mon équipe et je n’encombrerai pas ton chemin jusqu’à l’automne.

Bien à toi.

20/01/2013

ATTENTION, DANGER !

Je prie le lecteur de me pardonner de revenir une fois encore sur une question financière. Je sais que c’est rébarbatif et qu’on a coutume de renvoyer au lendemain ce genre de soucis. Mais ce n’est pas en faisant la politique de l’autruche que l’on prépare l’avenir.

Alors tant pis ! J’y reviens en espérant infléchir par de simples questions le cours semble-t-il, tout tracé, de dépenses somptuaires ou irréfléchies qui conduiront la ville à la mise sous tutelle ou à l’augmentation des impôts locaux.

 

Tout d’abord, pour commencer par le plus simple :

 

-                           Pourquoi se lancer dans une politique de communication aussi dispendieuse pour la ville qui va lui coûter la bagatelle de 120.000 € en 2013 ? Pour fournir des explications aux Sétois sur les dépenses engagées – dans divers marchés publics – ou, plus simplement, pour financer une campagne électorale municipale ?

 

-                           Pourquoi se lancer dans la construction d’un toit à 3.000.000€ en forme de coquille d’huître au-dessus des halles centrales ? Pour amener des clients supplémentaires aux commerçants afin de dynamiser le centre-ville ou pour satisfaire « l’égo » de quelque architecte ou de quelque donneur d’ordre ? On préfèrerait une mise aux normes, simple et efficace, à prix modéré, plutôt qu’une politique de « nouveau riche » destinée à épater le badaud.

 

-                           Pourquoi se lancer dans un financement hors de prix pour changer simplement l’éclairage public et les feux de signalisation ? C’est lorsque l’Etat s’est retrouvé en quasi faillite que, sous la nouvelle appellation de « Partenariat Public Privé », on a redonné des couleurs à un système de financement qui avait été proscrit comme immoral quelques années auparavant.

 

   De quoi s’agit-il ? Tout simplement de confier à une entreprise la  réalisation d’un équipement public à condition que la ville la charge en contrepartie de son entretien pendant 20 ans, moyennant le prix d’une location qui couvrira :

 

§        Le prix de l’équipement

§        Le cout des emprunts qu’elle va devoir souscrire : la bouteille à encre !

§        Les frais d’entretien de ce matériel avec une clause d’ajustement du prix pendant 20 ans : la bouteille à encre !

§        Et bien évidemment, la marge qu’elle prélèvera sur l’ensemble au titre de sa rémunération

 

La plupart de ces contrats, dénommés PPP ne voient pas le jour car ils se révèlent infiniment onéreux pour la collectivité, en raison surtout des garanties que l’installateur doit prendre pour s’assurer contre le renchérissement du crédit bancaire. Ceux qui ont pu être conclus démontrent la misère des finances publiques dans le secteur où ils sont utilisés : les prisons et les hôpitaux par exemple. Un tel contrat entre l’Etat et Vinci pour la construction d’un métro rapide entre Paris et Roissy a échoué car ruineux pour les finances publiques et pour les usagers du métro.Au coût très élevé de ce type de contrat s’ajoute l’absence de clarté de son incidence sur les années à venir, car la ville se trouve liée pendant 20ans, quelle que devienne sa situation et quel que soit le prix fiscal à faire payer aux Sétois.

Or, comme je l’ai indiqué dans un précédent billet, cette incidence financière n’a pas été clairement présentée au cours du Débat d’orientation budgétaire.

 

La facture sera salée :

-                           en frais de fonctionnement, c’est-à-dire, payés directement sur l’impôt : on parle de 2M €TTC/an

-                           en investissement, on parle de 900 000€TTC/an en moyenne

 

Or, est-on sûr que les résultats des comptes administratifs à venir vont dégager un autofinancement suffisant pour absorber de tels couts de fonctionnement,  en sus de tous les autres , sans devoir recourir à très brève échéance à un nouveau tour de vis fiscal. Et ce, sans compter les pertes de revenus en provenance de l’Etat.

 

La moindre des prudences serait de rassurer la population au cours de la présentation du budget, faute de quoi nous saurons que l’on nous cache quelque chose. Nous devons être sûrs que le contrat ne sera pas révisé, que les engagements d’aujourd’hui sont tenables et qu’ils ne réserveront pas de nouvelles surprises. Personnellement, je ne le crois pas. C’est dit et c’est écrit.

 

L’éclairage de la ville va coûter cher, très cher.

 

Il faut donc obliger les élus à dire la vérité puisqu'il n’y a qu’un seul payeur : le contribuable sétois.

 Mais il peut y avoir d’autres responsables, ou coupables : ceux qui leur auront menti. 

08/01/2013

LE BUDGET DE LA VILLE POURRAIT ETRE CASSE

Le Conseil Municipal de Sète se prépare à voter le Budget Primitif 2013.

 

Après la présentation squelettique d’un rapport incompréhensible au cours d’un échange poussif, le Conseil Municipal de Sète – majorité et opposition confondues – s’est trouvé suffisamment éclairé pour envisager le vote de son budget primitif le 29 janvier prochain.

 

On s’étonne de tant de désinvolture ! Je l’avais pourtant mis en garde par ma note du 19 décembre publiée dans ce blog (cf. archives) : «  A propos du DOB »

 

Le Débat d’Orientation Budgétaire doit avoir pour objet d’éclairer les élus et la population sur la situation financière de la commune au regard des budgets exécutés et, compte tenu des engagements financiers de la commune, au regard des budgets à venir.

 

C’est dans cet esprit que doivent être présentés les éléments de réflexion et de propositions qui permettront de réaliser les investissements indispensables à la collectivité  au cours des années qui viennent sans compromettre l’équilibre budgétaire de la commune – c’est-à-dire – la solvabilité de la ville.

 

On sait que l’adjoint aux finances, conscient des risques que court la commune, aurait aimé qu’un vrai débat s’instaure. Mais le maire, adoptant la tactique bien connue de l’édredon : mollesse, opacité et silence,  en a décidé autrement.

 

Le Débat d’Orientation Budgétaire est prévu par la loi pour assurer la transparence et le contrôle des finances publiques non seulement par l’autorité préfectorale mais aussi par la population qui est en définitive la seule concernée par les choix de ses élus qui se traduiront par des impôts nouveaux.

 

Et manifestement la transparence n’est pas au rendez-vous.

 

Comment voter un budget primitif pour l’année à venir sans connaître l’impact des dépenses envisagées, directement par l’emprunt ou indirectement par le recours au partenariat public privé, sur l’impôt des Sétois ?

 

Comment voter un budget primitif sans connaître l’impact sur la dette, des emprunts déjà contractés et de ceux qui devront l’être ?

 

Comment voter un budget primitif sans connaître la projection des dépenses ordinaires de la ville : traitements et salaires, mais aussi des folles dépenses de communication, des dépenses de carburant et de fournitures courantes etc. ?

 

Comment voter un budget primitif sans connaître la projection des recettes fiscales à venir au regard de la crise dans le bâtiment qui va réduire la croissance immobilière de la ville et des restrictions des participations de l’Etat ?

 

C’est une « politique de Gribouille » si les élus eux-mêmes ne savent pas. C’est un mensonge officiel si les élus savent et cachent la vérité à la population.

 

Dans tous les cas, c’est contraire à la loi.

 

Les Sétois doivent savoir ce qui les attend.