21/10/2013

A PROPOS DE L’AVENIR PRÉVISIBLE ET DES BONIMENTEURS

Nous vivons dans un monde étrange. Il y a d’un côté ceux qui prétendent pouvoir déchiffrer l’avenir (les prévisionnistes – économistes – démographes – sociologues) et qui pensent que les dés sont jetés sans que nous puissions y faire quoi que ce soit, et puis il y a ceux, volontaristes, qui croient que la volonté de l’homme est plus forte que tout et que l’on peut infléchir l’histoire.

Éternel débat que celui-là ou les deux camps se rencontrent seulement pour constater la suprématie des faits sur les idées. Et ce n'est déjà pas si mal mais, voilà, les deux camps ne vivent pas  dans le même monde.

Il y a d’une part le monde sans surprise du train-train quotidien  que Taleb* nomme le « Médiocristan » où quelle que soit l’action des hommes ou l’impact d’un événement, son résultat sera toujours prévisible et rien d’extraordinaire ne pourra en découler. Et puis, il y a le monde du risque, de la responsabilité et des surprises que l’auteur nomme « L’Extrémistan » où les circonstances qui échappent à l'homme peuvent avoir des conséquences incalculables, imprévisibles et déterminantes qui bouleverseront toutes les prévisions envisageables, ce que l’auteur appelle des « cygnes noirs ».

La cohabitation de ces deux mondes dans le monde réel nous place constamment en porte à faux : entre l’optimisme de celui qui prend un billet de loto en espérant le meilleur et le pessimisme de celui qui attend patiemment sa retraite dans la grisaille de la vie courante.

En fait, nous ne devrions pas osciller entre ces deux attitudes car il suffit de décrypter ce que l’on peut objectivement prévoir et tout le reste qui est soumis à « La théorie du chaos ».

Qu’est-ce que l’on peut prévoir : ce qui n’est soumis à aucun aléa compte tenu de faits immuables.

Qu’est-ce qu’il est impossible de prévoir : ce qui est sujet à un bouleversement total résultant d’une guerre, de l’usage par une puissance incontrôlable de la force nucléaire, d'un acte terroriste, d’une épidémie, de phénomènes naturels tels que tsunamis, inondations, tremblement de terre ou simplement maladie, mais aussi des décisions extérieures auxquelles nous ne pouvons rien mais qui auront un impact sur notre vie personnelles (licenciement) ou sur la vie de la nation, ou même un événement apparemment anodin tel que le battement d'ailes d'un papillon.

Qu’est-ce qui est dangereux et malhonnête : laisser croire que ce qui est imprévisible serait prévisible et, tout aussi grave, laisser penser que ce qui est parfaitement prévisible pourrait être bouleversé sans événement imprévisible.

Cette réflexion générale n’a qu’un objectif : démontrer qu’à partir de faits immuables et certains, les événements s’enchaînent sans surprise.

Ceux qui prétendent introduire une inconnue aléatoire et imprévisible pour laisser croire à un déroulement différent de ces événements prévisibles, sont toujours des escrocs.

Ainsi, la ville de Sète est endettée au-delà du possible. Les impôts sont plus lourds que partout ailleurs et ne peuvent donc être augmentés. Les dotations de l’Etat vont diminuer du fait de la politique menée par le gouvernement. Les dépenses de la commune vont encore augmenter du fait d’une récession économique sans solution, de la modification des rythmes scolaires, des engagements pluriannuels délirants déjà lancés par la municipalité sortante (PPP) et de l’augmentation considérable du nombre des employés communaux.

Ainsi tout projet qui ne serait pas financé par des recettes extérieures aux finances publiques est un leurre.

Les Sétois ont le droit de savoir comment les projets énoncés dans la campagne électorale seront financés. Ils ont le droit de savoir comment les finances publiques seront rétablies à l’équilibre et s’ils échapperont à la « banqueroute » et à la tutelle de l’Etat.

De même, laisser croire aux Sétois qu’un événement exceptionnel permettra de relancer l’activité portuaire en laissant espérer d’ici 2020 un trafic maritime de plus de 7 millions de tonnes alors que nous plafonnons à 3,6 millions depuis 10 ans, est un mensonge qui confine à l’escroquerie**.

Nous ne lisons pas dans l’avenir. Mais nous avons la lucidité d’analyser les faits tels qu’ils se présentent et ne pas croire ou laisser croire qu’un miracle va se produire pour nous sortir de l’ornière.

Nous savons que nous n'en sortirons qu’à trois conditions:

 - Etre réalistes et économes avec les moyens dont disposent la ville et la communauté d’agglomération

-    Réduire les dépenses publiques

-  Rendre à la ville son dynamisme grâce à un grand projet porteur de croissance économique où les investisseurs s’engageront à nos côtés. 

C’est cela que le Parti des Sétois s’engage à réaliser avec détermination et lucidité pour ranimer Sète.

  *    Nassim Nicholas Taleb « Le Cygne Noir » (Edition Les Belles Lettres)

** Yves Marchand « Analyse critique du rapport sur l’impact socio-économique du port de Sète » publiée le 10 Octobre sur Face Book