19/12/2012

Yves Marchand interrogé par un journaliste "free lance"

J.FL. Quelles sont les raisons qui vous conduiraient à vous représenter aux Municipales ?

 

Y.M.   Pour comprendre ce choix, il faut tout d’abord comprendre que je n’ai jamais cessé de m’intéresser à Sète et que j’ai constamment suivi les dossiers essentiels qui la concernaient. Je me suis d’ailleurs beaucoup impliqué dans trois d’entre eux :

- le port

- l’intercommunalité

- la pêche

Concernant le port, j’ai vraiment tout mis en œuvre pour que la ville puisse rester maîtresse de son avenir en conservant la maîtrise de son port. Je croyais avoir été entendu et compris par F. Commeinhes qui avait même fait une déclaration dans mon sens au magazine « Le Point », puis il s’est rétracté privant Sète du seul atout dont elle disposait face aux autres collectivités. Je m’étais même expliqué sur les engagements financiers que représentait pour la ville la reprise du port mais, malheureusement, l’obscurantisme a eu raison de la réalité et on a laissé croire à la population que le port constituait une charge insupportable pour la ville de Sète, ce que les Sétois ont cru dans un contexte national qui conduisait l’Etat, par facilité et par paresse, à désigner la Région comme seul interlocuteur. J’ai dit tout cela en son temps, sans succès.

Concernant l’intercommunalité, j’avais évidemment compris que Frêche souhaitait mettre la main sur Sète. F Commeinhes avait accepté la vassalité contre un poste de vice-président de la nouvelle Communauté Urbaine souhaitée par le Maire de Montpellier. Si l’on ajoutait cela à la perte du port, on voit qu’il ne restait à Sète que la mission de lever des impôts pour satisfaire son suzerain. J’ai donc réagi et, au terme d’un long travail de conviction, je suis parvenu à obtenir la modification de certains votes qui a abouti à un scrutin de partage égal des voix entre les « pour » et les « contre », ce qui interdisait au Préfet de satisfaire la volonté hégémonique de Frêche sur la ville de Sète.

Concernant la pêche, l’évolution du secteur m’a donné raison et mon implication aux côtés de certains m’a confirmé que d’autres dispositions devaient être prises pour leur permettre d’exercer leur métier avec un plus grand confort et sans nuire aux autres activités en pleine expansion.

 

J.FL.   Pour autant, ces dossiers sont pratiquement clos. Alors ?

 

Y.M.   A mon sens, pas tout à fait. Si l’intercommunalité avec Montpellier est à ranger aux accessoires, il n’en va pas de même du port et de la pêche.

En effet, la Région est aujourd’hui propriétaire et agit sur le territoire de Sète comme si la Ville avait été intégrée dans son propre patrimoine. Elle ne le fait d’ailleurs que parce que l’administration municipale est complaisante à son égard. Chacun sait que l’occupant  a toujours des droits vis-à-vis de son propriétaire. Encore faut-il les faire valoir.

 Mais personne ne le fait et il me semble qu’il est temps de démontrer que Sète veut conserver un droit de regard sur son avenir économique. Les structures mises en place par la Région (Ports Sud de France avec son Président montpelliérain) n’ont d’autre objet que de museler la ville. Ce qui a été fait.

 J’aurai l’occasion de définir la stratégie à mettre en œuvre pour que Sète redevienne un interlocuteur privilégié de la Région dans la définition de l’avenir économique de Sète.

Qu’il me soit permis simplement de dire aujourd’hui que c’est le tourisme qu’il convient de privilégier et que la ville de Sète possède un atout portuaire que nulle autre ville ne possède sur la partie occidentale de la méditerranée française.

C’est cet enjeu qui est le nôtre. C’est cet enjeu qui exige une vision, une volonté et un projet. J’avais d’ailleurs défini ce projet largement diffusé et reconnu par tous comme le seul qui permette l’essor économique de Sète. Mais ce projet exige des efforts, des explications, des compromis, des discussions. Tout le contraire du projet en « prêt-à-porter » de la Région qui manifeste sa totale ignorance du sujet qu’elle traite et qui ne trouve comme interlocuteur qu’une équipe municipale apparemment dépassée par le sujet. C’est le site même de la ville de Sète qui justifie la création d’un nouveau port de plaisance et pas la volonté de construire un port qui ressemblerait aux autres avec, au surplus des handicaps que les ports de la « Mission Racine » n’ont pas.

 

J.FL.   Votre objectif consiste donc à proposer un contre-projet portuaire et c’est tout ?

 

Y.M.   Evidemment, non ! Je n’ai évoqué ce sujet que parce qu’il est majeur au niveau des réalisations à envisager dans les 6 prochaines années. Mais une exigence autrement plus ardue nous attend : la nécessité impérative de restaurer les finances communales et de diminuer les impôts des Sétois.

On a le sentiment qu’aussi bien l’équipe municipale que les candidats déclarés ne se sont pas rendu compte que les temps avaient changé et ils se comportent comme si nous étions dans une période d’expansion économique en prévoyant des réalisations toutes plus couteuses les unes que les autres alors que l’avenir s’annonce difficile avec une baisse importante des dotations de l’Etat aux collectivités locales, avec la fin des programmes européens d’aide à l’investissement, avec l’augmentation des aides sociales diverses, autant d’éléments qui vont réduire les marges de manœuvre des communes sans possibilité d’avoir recours à l’impôt qui grève déjà considérablement les revenus des Sétois.

Cet exercice d’économies ne peut être proposé que par quelqu’un qui connaît le sujet et qui n’a pas d’autre ambition, avant de repasser le flambeau sans esprit de réélection, que d’offrir à la ville, à l’expiration de son mandat, une situation saine et un pouvoir d’achat amélioré par une diminution des impôts des contribuables et un redécollage de l’activité économique.

 

J.FL.   Et vous pensez que personne d’autre ne peut accomplir cette mission ?

 

Y.M.   J’ai longtemps cru que c’était possible. Je sais bien que personne n’est irremplaçable et j’ai eu l’occasion de m’en rendre compte !

Mais tous les efforts que j’ai accomplis depuis 15 ans pour conseiller et aider mes successeurs se sont révélés vains soit qu’ils n’aient pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de leurs idées, soit qu’ils soient hantés par la perspective de leur réélection qui paralyse leur action. J’en ai conclu qu’il fallait, à titre transitoire, quelqu’un qui ne serait pas suspect de vouloir faire une carrière politique – tout simplement parce que sa carrière politique est derrière lui – et qui pourrait ainsi avoir les coudées franches pour répondre à l’aspiration profonde des Sétois de renouer avec un grand projet en réalisant les économies qu’ils seront de toute façon obligés de faire.

 

C’est pourquoi, je n’ai pas d’étiquette politique (je n’ai plus aucun engagement dans aucune formation nationale) ce qui me donne la possibilité de proposer une équipe exclusivement concentrée sur l’administration locale dans laquelle toutes les bonnes volontés seront accueillies sans a priori, réunies par le seul pacte qui vaille : celui de la confiance réciproque dans le renouveau économique de Sète.