02/12/2013

NOUS CHOISIRONS NOTRE DESTIN !

Puisqu’il faut « Combattre pour revivre », nous combattrons !

Nous combattrons d’abord contre nos propres conservatismes. Combien de fois n’ai-je pas dit et répété que le plus grand obstacle à l’épanouissement de notre ville, c’était notre manque d’imagination, notre difficulté à percevoir les changements qui nous entourent et notre absence de volonté à choisir un nouveau chemin qui nous assurerait le développement économique, l’emploi et la richesse.

Combattre nos conservatismes signifie :

-         d’abord faire le constat de notre environnement

-       ensuite penser en termes de développement privé au lieu de penser, comme Hollande, à développer le secteur public

-  enfin faire le choix d’un secteur porteur pour l’économie locale

 1 Le constat de notre environnement, je l’ai déjà fait : les deux piliers principaux de l’économie de Sète sont vermoulus : le poids de la pêche a été divisé par 4 en 15 ans et le port de commerce stagne autour de 3,5M tonnes et ne décollera pas significativement quels que soient les investissements réalisés.

Il faut donc sauver ce qui est possible :

-     en réorientant la pêche vers une activité durable et raisonnée grâce aux petits métiers qui exerceront une activité rentable, favorable à l’image de notre port et qui seront eux-mêmes acteurs d’un développement touristique,

-         et en confortant le port de commerce dans son activité de port d’échanges commerciaux avec les pays d’Afrique qui constituent son fonds de commerce naturel.

 2 Nous avons pour mission d’en finir avec l’excroissance pathologique des services publics qui ruinent la ville et les contribuables. Nous avons le devoir de travailler en harmonie avec la Communauté d’agglo pour faire des économies d’échelle au lieu de multiplier les dépenses publiques.

Oui, il s’agit de lutter contre cette tendance à la facilité qui laisse croire à tous que la collectivité peut tout en oubliant que la collectivité, c’est nous.

 3 Nous avons le devoir de voir loin et de choisir le créneau de développement de Sète. Je propose un vrai plan de développement de la ville qui amorcera sa mutation sans renier ses origines.

Oui, nous confortons la pêche en créant un nouveau port pour les petits métiers.

Oui, nous développons le port de commerce en réactivant notre fonds de commerce naturel grâce à des moyens adaptés au commerce maritime de proximité.

Et Oui, enfin, sans pour autant négliger tous les autres quartiers où nous proposons le renouveau, nous créons à Sète un nouveau quartier touristique porteur d’avenir, de développement économique, d’emplois et de richesses, du pont de la savonnerie au môle en passant par le quai Général Durand et le quai de la consigne, de la marine au quai d’Alger, en passant par le quai aspirant Herber et le quai Maximin Licciardi, englobant le quai Richelieu

C’est pour parvenir à cela que nous combattons ceux qui, soit par lâcheté, soit par volonté de domination, nous empêchent d’avancer en nous volant notre avenir.

18/03/2013

Légalité n’est pas Justice

Chaque citoyen est en droit de s’interroger sur la façon dont il est traité par la collectivité à laquelle, en vertu du « contrat social », il a implicitement délégué une partie de son autonomie.

Si le citoyen s’estime presque toujours lésé dans sa vie quotidienne, c’est que la part captée par la société lui semble démesurée par rapport à ce qui lui reste de liberté individuelle. Ce constat, chacun peut le faire tous les jours. Qu’il s’agisse des prélèvements fiscaux de l’Etat ou des collectivités qui n’offrent que des résultats infimes par rapport aux sommes dépensées – que l’on peut qualifier de gabegie –, de l’attitude des services fiscaux à l’égard des particuliers – qui s’apparente à la suspicion – des conditions de la circulation automobile – que l’on peut qualifier de harcèlement – ,des restrictions de la liberté de pensée – au nom du politiquement correct, tout concourt à entraîner le citoyen vers une contestation permanente du « pouvoir » où qu’il se trouve –  Etat ou collectivités locales – et à en faire un continuel mécontent. Tout cela est légal puisque couvert par la loi. Est-ce pour autant juste ?

L’exemple le plus criant de ce mal-être nous est fourni à Sète par l’attitude des pouvoirs publics à l’égard des pêcheurs: chalutiers et thoniers.

De quoi s’agit-il ?

Au départ, le sentiment général que la ressource est illimitée. Et, par conséquent, la volonté des professionnels de s’équiper d’une force de pêche susceptible de leur offrir la richesse grâce à l’aide de l’Etat pour financer leurs navires.

Très vite, apparition de comportements délictueux nuisibles à la ressource et disparition des espèces, sans réaction réelle de l’Etat qui continue à payer malgré sa connaissance des faits délictueux.

Enfin, et à contretemps, après une période laxiste inexplicable, interdictions brutales de pêche réduisant à la ruine des familles entières endettées et privées des moyens de rembourser leurs dettes et de  toute reconversion.

Les lois de financement des bateaux étaient injustes car tellement favorables à la profession qu’elles en arrivaient à laisser croire à l’emprunteur que l’investissement était gratuit.

La loi d’encadrement de la pêche était injuste car elle favorisait le fraudeur contre le professionnel respectueux des textes.

La loi sur les quotas a fini par rendre la fraude légale en laissant les fraudeurs agir et s’enrichir là où il n’y avait pas de contrôle possible tout en imposant sous contrôle strict aux professionnels réguliers des prises  limitées dans un temps restreint. Ce qui n'empêchait cette même faune d'être pillée quelques milles plus loin !

Et le comble de l’incohérence consiste à présent à interdire aux petits métiers la pêche aux thons sous la pression de ceux qui ont pillé les fonds !

Nous savons bien qu’il ne faut pas confondre Loi et Morale. Mais nous savons que lorsque la loi s’éloigne de la morale communément admise, c’est la loi qui est contestable et qui doit être contestée car elle révèle son injustice.

La loi injuste est génératrice d’anarchie et de révolte.

18/02/2013

ICI ET AILLEURS

 

Je voudrais évoquer en quelques mots ce que l’on a coutume d’appeler « l’identité sétoise », non seulement pour témoigner de ce que je ressens au regard de cette particularité qui me colle à la peau mais aussi de ce que l’on peut ressentir à l’extérieur de cette population à forte personnalité et pourtant secrète.

 

Je voudrais retenir – sans pour cela en faire un jeu de mots supplémentaire à tous ceux qui s’appuient sur le nom de la ville de Sète – 7  critères de choix pour définir ce qui fait un vrai sétois. Quelle prétention, me dira-t-on de vouloir inscrire dans un moule ces gens qui, par définition, refusent le moule ? Admettons alors que ce paradoxe s’ajoutera comme la manifestation de cet esprit sétois dont je ne peux me défaire !

 

Mais peut-être, après tout, les critères d’appartenance ne sont-ils pas différents de ceux qui s’appliquent à tous ceux qui revendiquent une appartenance géographique. Ce sont seulement les contenus de ces critères qui définissent l’identité recherchée. Au fond il s’agirait tout simplement de passer du général au particulier, comme toujours, pour savoir pourquoi un Sétois n’est pas un Parisien !

 

1 – Pour chacun de nous, il existe un berceau. La mer est le berceau de Sète. De tous côtés, ou presque. Avec l’étang de Thau, berceau de l’ostréiculture, petite mer du Nord qui la raccroche au continent sans lequel aucune île ne peut survivre.

 

2 – Chacun de nous a besoin d’un espace. Le bord de l’eau est l’espace de Sète. Bord de l’eau naturel avec la plage, artificiel avec les quais : le rivage et le port. Et lorsque Saint Clair apparaît, c’est en plongeant dans la mer qu’il trouve sa stature. Saint Clair au bord de l’eau, au Sud comme au Nord, à l’Ouest comme à l’Est, visible aux quatre points, imposant sa présence à tous ceux qui l’approchent. Le mont saint Clair est la matrice des Sétois.

 

3 – De la nécessité de s’alimenter, les Sétois ont adopté la pêche comme activité de base et d’excellence. Et bien qu’elle ait changé, la pêche demeure et demeurera la source intangible de l’apport de la nature à l’homme. La pêche est dans la formule génétique de Sète.

 

4 – De la volonté de gagner en influence, les Sétois ont utilisé la mer pour commercer. Ils ont appris des Phéniciens les principes du commerce maritime et développé les échanges en Méditerranée. Le commerce maritime est la première conquête des Sétois dans leur ouverture au monde.

 

5 – De leur orgueil de préserver leurs acquis en affirmant leur force, à l’instar de ces tournois sur terre qui glorifient les vainqueurs devant un parterre de chevaliers, ils ont imaginé un tournoi original, sur l’eau où seul le vainqueur, parce qu’il aura résisté aux assauts des plus forts et des plus habiles, apparaîtra sec –  je veux dire, non mouillé     pour recevoir son trophée. Les joutes célèbrent le mariage de la terre et de l’eau.

 

6 –  De leurs ascendances continentales et méditerranéennes, ils ont créé les recettes adaptées à leur vie quotidienne et le plat traditionnel du dimanche issu des traditions populaires italiennes. La tielle a pris la place de la tourte de l’Aveyron et la macaronade  celle de la poule au pot d’Henri IV. Rien n’arrêtera l’adaptation et la traduction de ce savoir vivre avec les apports plus récents venus de la rive sud de la Méditerranée. La gastronomie locale s’inscrit sous le sceau de l’immigration.

 

7 –   Enfin de leur identité locale, ils ont créé la représentation originale rattachée à ces racines qu’ils portent comme une couronne : l’expression artistique. Ils arborent quelques figures de proue, dans la poésie, la chanson à texte ou l’expression libre qui affirment leur origine sétoise et que chacun reconnaît comme des Sétois. Et même si chacun d’eux est allé puiser ailleurs, là où il devait épanouir ses dons, de nouvelles sources d’inspiration, les figures sétoises de l’art et de la poésie ont imprimé à jamais la marque d’une ville de création.

 

Au terme de ce strict inventaire génétique de Sète et des Sétois, j’entends évidemment tous ceux qui s’étonneront de ne pas y retrouver l’industrie touristique qui devrait fonder notre avenir économique et sociologique.

 

C’est qu’il ne figure pas, à mes yeux, dans l’atavisme local bien que tous les éléments soient rassemblés pour qu’il y trouve sa place.

 

Chacune des qualités qui font l’originalité de Sète concourt à faire du tourisme la base des efforts à accomplir pour permettre aux Sétois d’ajouter une corde à leur arc : situation géographique, traditions populaires, ouverture sur le monde, assimilation des cultures, tout concourt à faire de Sète, pour autant que les Sétois le veuillent, le centre du rayonnement touristique de leur région.

 

On comprendrait mal que le Languedoc-Roussillon se prive d’une telle chance.