16/09/2013

RICHESSES, EGALITE et SOLIDARITE,

Comment se fait-il que la plupart de nos compatriotes estiment, en leur âme et conscience, qu’ils sont victimes d’une discrimination négative en matière d’aide sociale ? La récente décision d'élargir le champ de la Couverture Maladie Universelle ne va pas améliorer les choses au regard de la discussion récurrente concernant la légitimité de son attribution à certains bénéficiaires. Un malaise de plus en plus généralisé s’est saisi de la France pour remettre en cause le principe républicain d’égalité, fondement d’une certaine paix sociale.

S’il est évident que la solidarité doit être réservée exclusivement – ce qui est loin d’être le cas – à nos compatriotes les plus défavorisés, il est indispensable d’examiner avec attention les conséquences d’une telle décision. 

Explication : Dans la période difficile que vit notre pays, il est certes nécessaire que l’on se préoccupe d'abord des plus fragiles, souvent laissés pour compte, dans le cadre de la répartition des fonds relevant de la solidarité nationale. Mais jamais au-delà des moyens de la société au risque de la faire imploser.

Or il se trouve que, sous la pression de phénomènes multiples : démographiques (immigration légale ou illégale) et sociaux (chômage - familles monoparentales), le nombre des plus fragiles ne cesse d’augmenter tandis que la pression sur les contributeurs ne cesse parallèlement d’augmenter, affaiblissant de plus en plus les moins aisés des contributeurs au point de les faire passer, du fait même de l’augmentation de leurs charges, dans la catégorie des défavorisés.

C’est à cette situation – devenue insupportable – que  l’on assiste, sans réagir.

Le même phénomène a porté un coup fatal à nombre de nos entreprises qui, perdant leur compétitivité ont dû, pour survivre, se résigner à se délocaliser pour ne pas subir le sort de celles qui ont purement et simplement disparu.

La boucle est presque bouclée dès lors que la disparition des entreprises a entraîné la disparition d'emplois, l’appauvrissement des citoyens, l’augmentation des aides sociales et une pression supplémentaire sur les contribuables qui ont résisté.

C’est à ce stade que l'on s'aperçoit combien est utopique le principe de fraternité.

L’impossibilité d’expliquer l'absurdité qui autorise l'Etat à dépenser l'argent qu'il n'a pas, conduit en effet nos concitoyens à se demander d’où vient la disparité de traitement entre eux, lorsqu'ils ne bénéficient pas de la manne nationale à laquelle ils estimeraient  avoir droit.

Et, comme dans « les animaux malades de la peste », ils ont tendance à rechercher le coupable désigné, identifiable entre tous, bouc émissaire de leur malaise.

La différence physique comme la couleur de la peau, devient à leurs yeux la cause fondamentale de la discrimination.

Cette attitude irréfléchie et souvent contradictoire avec la réalité devient alors un raisonnement d’exclusion destiné à tout expliquer.

Mais si le raisonnement est faux, ce qui le motive est vrai : celui qui ne parvient plus en travaillant à joindre les deux bouts et qui se trouve contraint par une injonction de solidarité, de contribuer au-delà du possible, s’en prend en bloc à la cause et à l’objet de son malaise.

Coupable est donc l’Etat qui prêche la fraternité et voue aux gémonies ceux qu’il pressure sans cesse davantage au nom d’une solidarité qu’il est impuissant à mettre en œuvre.Faute d’avoir d’abord mis en exergue les ressorts de la création de richesses, il a provoqué la plus grande injustice en considérant le créateur de richesses comme le coupable désigné. Ce n'est pourtant que grâce à lui que la manne sociale peut être distribuée. La diminution des contributeurs et l'augmentation des bénéficiaires pose un problème insoluble. C’est cette situation  qui crée en ce moment dans notre pays les germes de la division.

Elle tient à ceux qui ignorent tout de la solidarité pour avoir toujours vécu dans un univers clos et protégé, estimant qu’il sont les seuls à savoir comment résoudre les inégalités sociales, selon un principe simple : Faire payer sans considération de leur personne, de leur travail, de leurs talents, de leurs qualités propres et de leur apport à la société, les contribuables sur lesquels peut s’exercer impunément le pouvoir arbitraire de l’Etat.

C’est cela que dénonce la France qui paye et qui n’en peut plus. Mais cette France là doit être respectée au risque de l'amener à des excès qui la conduiront à se déchirer.

N’est-ce pas le moment de prendre conscience que tous ces donneurs de leçons sont les incendiaires qui – tout en restant douillettement à l’abri – finiront par détruire demain  la société que nous avons eu tant de mal à construire ?