02/01/2013

MEILLEURS VŒUX

L’exercice des vœux est, parmi tous ceux que j’ai déjà tentés, à la fois le plus difficile et le plus périlleux.

Le plus difficile car éviter les redites et les lieux communs constitue une véritable gageure.

 Le plus périlleux car s’immiscer dans la vie des autres est à la fois impudique et aléatoire.

 

Je vais cependant persister en m’y risquant une fois de plus.

 

L’année 2013 ne peut pas être une année porte-bonheur. Nous avons raté le coche au moment où il fallait du courage pour refuser la facilité.

 

Elle doit donc être une année réalisme et réflexion.

 

La démocratie n’a qu’un seul défaut : celui de permettre aux représentants du peuple – en vertu du mandat qu’ils ont reçu – de lui faire croire  qu’ils ont tout pouvoir pour faire face aux difficultés qui se présentent en prétendant lui garantir une assurance tous risques.

 

Or les moyens des élus sont limités à la fois par les circonstances extérieures et par leur propre ambition à conserver le pouvoir. Et même si le peuple a bien conscience des difficultés qui surgissent, et sait bien que ses représentants ne font pas ce qu’il faut pour les vaincre, il accepte souvent, pour rêver un peu,  de se laisser prendre au piège de leurs mensonges.

 

Le premier vœu que je forme pour les Sétois, c’est de mettre à profit l’année 2013 pour acquérir la lucidité nécessaire à l’évaluation de leur situation.

 

Le second vœu que je forme pour les Sétois, c’est d’avoir le courage de prendre les décisions nécessaires pour redresser la barre.

 

Le troisième vœu que je forme pour les Sétois, c’est d’avoir la volonté de tourner la page pour s’engager durant 6 ans à remettre de l’ordre dans leur maison.

 

Rien ne s’arrange jamais tout seul :

-         lorsqu’on a des dettes, il faut les payer,

-         lorsqu’on veut se développer, il faut travailler,

-         lorsqu’on veut attirer du monde, il faut séduire,

-         lorsqu’on veut décider, il faut être libre.

 

Ce n’est pas en disant que la vie est facile qu’elle le devient.

C’est en disant comment on fera pour qu’elle soit meilleure, qu’elle le deviendra.

26/12/2012

VOUS AVEZ DIT HOMOPHOBIE ?

 

Je viens de prendre connaissance dans le Midi Libre daté de Noël, bizarre de choisir Noël pour évoquer ce sujet – mais, après tout, la rédaction des journaux fait bien comme elle veut – du sondage réalisé par un collectif homosexuel pour classer sur le plan européen, ou mondial – excusez du peu – les réactions les plus homophobes de l’année. Et c’est le Pape qui décroche la médaille d’or tandis que le maire de Sète est sacré vice-champion.

 

Que Dieu, le Pape et les internautes de Yagg me pardonnent mais, au risque de surprendre un grand nombre de mes lecteurs, je ne crois pas que le maire soit homophobe. Je suis même sûr du contraire.

 

Je ne pense pas qu’il ait de véritables convictions et je pense qu’il ne s’intéresse vraiment qu’à ce qui lui rapporte. C’est ce qui résultait d’ailleurs de sa déclaration au journaliste qui l’interrogeait puisqu’il n’envisageait la question du mariage homosexuel que sous l’angle de « la couverture sociale »…

 

Rien à voir avec le Pape qui a placé cette affaire à un autre niveau – peut-être contestable – mais assurément digne de considération : celui de la pérennité de la famille. Et c’est faire beaucoup d’honneur au maire de Sète que de lui permettre ainsi d’accéder, avec des préoccupations aussi bassement matérialistes, à l’honneur de la deuxième place du podium face à une question de société aussi délicate et aussi controversée que celle qui va être incessamment posée à nos parlementaires.

 

En réalité, j’ai le sentiment que le maire de Sète a été surpris par à la question. Sa réponse n’est pas le fruit d’une réflexion approfondie – en a-t-il jamais eu sur un sujet de société ? – mais le piètre résultat de la réaction spontanée d’un professionnel utilitariste et d’une absence totale de maîtrise du langage. C’est manifestement par erreur, et sur une équivoque, qu’il a quitté la foule ordinaire pour flirter avec les sommets.

 

Je suis donc pour son pardon total avec dispense de peine et j’engage les internautes de Yagg à le faire bénéficier du même traitement en lui accordant les plus larges circonstances atténuantes. Certes, cette mesure de clémence l’amènera à abandonner sa médaille d’argent de l’homophobie, mais le ramènera aussi dans la société des gens qui ne s’embarrassent des problèmes des autres que si cela peut leur rapporter quelque chose. Ce sera juste conforme à sa nature profonde.

22/12/2012

UNE CULTURE DE GHETTO ?

 

Il semblerait que le maire ait décidé  de faire sortir « la Passerelle » de l’Ile de Thau de la compétence de l’agglo à laquelle elle avait été conférée en 2003 en même temps que tout le secteur de la culture.

 

La décision peut surprendre si l’on en juge par ses motifs fondés sur le fait que la programmation ne conviendrait pas à la population de l’île de Thau.

 

Y aurait-il deux cultures différentes selon l’habitat des populations ? Et faudrait-il prévoir une sous-culture pour les quartiers moins favorisés ?

 

Ce n’est pas en tout cas le choix qui nous avait guidés lorsque nous avions fait accéder la ville de Sète au rang de scène nationale englobant le théâtre municipal et « la Passerelle ».

 

L’idée directrice consistait à établir une mixité des populations en amenant la population du centre-ville à fréquenter « La Passerelle ».

 

Il est possible que l’entreprise n’ait pas réussi. Il y faut en effet beaucoup d’application et la ténacité d’un Robert Albiol pour y parvenir. Ce n’est pas donné à tout le monde.

Dans ce cas, il faut savoir remédier au malaise plutôt que de procéder à l’amputation.

 

Au demeurant, la scission de la scène nationale en deux entités peut sembler juridiquement difficile à réaliser. En effet le partenariat avec l’Etat n’est pas à la carte mais obligatoire.

 

Ne vaudrait-il donc pas mieux demander à la Direction Régionale des Affaires Culturelles de se mettre autour d’une table avec la mairie et l’agglo pour revoir la programmation et la rendre complémentaire à celle du théâtre Molière ? La production culturelle demande un effort constant de réflexion et doit se garder de toute démagogie. La première fait manifestement défaut et la seconde prend ses aises. La culture devrait inspirer le respect. Cette attitude aboutit au mépris.

 

La scène nationale avait pour objet, partant du principe que le public, quelle que soit son origine, était capable d’apprécier la qualité, d’offrir à toute la population sétoise le meilleur des productions du théâtre public et privé en évitant les spectacles débilitants où la vulgarité le dispute sottise.

 

Ce n’est manifestement pas l’esprit qui semble guider la municipalité sétoise. Va-t-on chercher à créer un nouveau ghetto culturel ? On peut le déplorer.