04/03/2013

DILEMME : APOLITIQUE OU PARTISAN ?

A l’exception de quelques militants très engagés, les citoyens sont plutôt des observateurs de la vie politique. Cela ne signifie évidemment pas qu’ils n’ont pas d’opinion mais seulement qu’ils revendiquent le droit de juger ceux qui décident pour eux en vertu du mandat qu’ils leur ont confié par les urnes. Bref, le principe même de l’expression démocratique. Et c’est cette liberté fondamentale des citoyens qui crée les nouvelles majorités en faisant fluctuer, à la marge, un certain nombre d’électeurs lassés de la façon dont ils sont gouvernés.

 

Je crois savoir de quoi je parle. J’ai éprouvé en son temps amour et désamour. Je ne me pose même pas la question de savoir si l’un ou l’autre était ou non justifié. Lorsqu’on sollicite les suffrages de ses concitoyens, le rapport qui existe entre les électeurs et le candidat, et plus tard, l’élu, évolue au même titre que le rapport sentimental qui unit un couple. Il est fait de hauts et de bas. Il n’y a pas à savoir pourquoi. Il suffit de tout faire pour rendre la relation harmonieuse. Je n’y suis pas toujours parvenu. Je crois aujourd’hui que j’étais trop tourné vers moi-même. C’est ce que l’on appelle « l’égo » des hommes politiques.

 

J’ai donc été récemment interrogé par un journaliste de radio qui, de but en blanc, m’a suspecté de venir régler un compte personnel à Sète en revenant sur le devant de la scène électorale. Comment répondre à ce procès d’intention ? Comment transmettre un message de sincérité ? Comment démontrer que les querelles de personnes sont sans intérêt et que seul compte l’objectif à atteindre : changer profondément les perspectives d’avenir des citoyens ?

 

Aucun discours n’y changera rien. Tout ce que vous dites ne pourra jamais contredire ce que vous êtes.

 

J’attends donc sereinement de comprendre comment je suis ressenti par les électeurs sans modifier en quoi que ce soit les messages que je tiens à communiquer. C’est cela le miracle du suffrage universel qui crée une opinion commune composée d’une multitude d’opinions différentes. Depuis que je me suis engagé dans cette relation avec le peuple, je me suis soumis à une simple règle de sincérité. Je m’y tiendrai.

 

Ainsi lorsque je prétends que dans une élection municipale, je ne suis attaché à aucune idéologie politique, cela ne signifie pas que je n’ai pas d’opinion. On me connaît. Je suis un homme du Centre droit. J’appartenais à l’UDF – qui n’existe plus. Je me suis néanmoins prononcé pour Chirac en 1995 et j’ai fait sa campagne nationale. J’ai appartenu à l’UMP au moment de la fusion de l’UDF et du RPR. Depuis 3 ans, je n’ai plus aucune carte et je n’ai pas l’intention d’en reprendre une, où que ce soit.

 

Je suis résolu à me situer comme les électeurs moyens : en observateur de la vie politique.

 Et s’ils me confient la responsabilité de conduire à nouveau pour 6 ans les destinées de la ville, j’agirai selon mes convictions libérales pour laisser l’économie locale se développer selon le schéma que j’aurai proposé aux électeurs : un pôle portuaire de développement économique et un effort constant d’économies de deniers publics pour aboutir à une baisse des impôts locaux.

 

Cette attitude doit-elle être qualifiée d’apolitique ? Je ne crois pas. Elle se contente de ne pas être partisane. La liberté démocratique ne signifie pas qu’il ne doit pas y avoir de partis politiques. Ils sont indispensables, aux termes mêmes de notre constitution, à l’expression des citoyens. Mais ces partis qui permettent aux citoyens de bénéficier de porte-paroles auprès des pouvoirs publics, ne devraient pas avoir pour effet d’en faire des prisonniers. Sur le plan local, les partis devront donc continuer à jouer leur rôle de soutien ou de contestation. Qu’ils me permettent juste, sans aucune hostilité à leur égard, de ne pas les intégrer en tant que tels dans l’équipe que je vais constituer. Ce sera à la fois une marque de respect et de liberté. Respect de leur autonomie et liberté pour mon équipe de choisir l’option qui lui semblera appropriée sans aucune contrainte idéologique.

 

La plupart du temps les listes municipales sont constituées autour d’un noyau politique. Ce ne sera pas le cas pour nous. Notre équipe réunira des libéraux dont les sensibilités pourront être différentes mais qui revendiqueront en toute circonstance leur liberté d’expression. Et nous autofinancerons notre campagne. Ainsi nous ne devrons rien à personne. Et les comptes à rendre seront à rendre à la population, et uniquement à elle.

 

On est loin des « règlements de compte » supposés. Mais on est dans un combat pour tenter de mettre au centre des décisions le respect dû à ceux qui, en fin de compte, règlent toujours l’addition.