26/08/2014

LES AVATARS DU VICE-ROI - 4 - 2

Chapitre IV : Loin de la Principauté

2 me épisode : Diviser pour régner

Dans la quasi béatitude qui l’avait envahi, le gouverneur ne pensait même plus à la principauté où il avait laissé ses deux ministres « préférés », son spécialiste du logement des pauvres et son ami médecin, face à face en chiens de faïence, sous le contrôle du Grippé. Dans l’esprit de l’Intolérable, rien de bien grave ne pouvait survenir de ce côté-là. Même s’il n’avait pas plus confiance – on le sait depuis longtemps – dans le Grippé que dans les ministres – ceux-là ou les autres – il n’y avait plus rien à décider dans la Principauté, privée virtuellement de toutes ses compétences et dont il ne restait plus qu’à signer le rattachement à l’autorité du Terne.

C’est d’ailleurs, en prévision de cela que le gouverneur, en rejoignant le Palais Médicis, avait promis à chacun de ses deux ministres sa succession au gouvernorat de la Principauté.

Les deux prétendants attendaient donc depuis quelques mois que le Gouverneur se décide enfin à démissionner de ses fonctions.

Et chacun, sans savoir ce qui avait été promis à l’autre, espérait bien récupérer son poste au plus vite.

Mais rien ne venait. Chacun commençait à douter de la promesse faite. Et ce n’était pas les assurances du Grippé qui les rassuraient. Ils savaient depuis toujours qu’il mentait aussi bien qu’eux-mêmes et que bien grugé serait celui qui aurait foi en lui…

Alors chacun commença à harceler l’Intolérable de ses revendications – justes et légitimes – à égalité pour les deux quémandeurs.

L’Intolérable, selon son habitude, se délectait dans la procrastination en se répandant en promesses rassurantes. Jusqu’au jour où il s’en ouvrit au Gouverneur qui lui fit savoir sèchement qu’il n’avait aucune intention de démissionner en se privant du même coup des indemnités de la fonction de Gouverneur et de celles de Président de la petite Fédération. Autant d’arguments que l’Intolérable jugeait péremptoires. Le Gouverneur ajouta qu’il ne démissionnerait jamais puisque, à brève échéance, grâce à la fusion, il serait associé au gouvernement du Terne, à nouveau en qualité de vice-roi. Il retrouverait donc son titre, en finirait avec la démocratie et ne devrait plus rien ni à ses ministres ni à quiconque.

Ordre fut donc donné à l’Intolérable de prévoir avec Le Terne le calendrier de l’annexion de la Principauté par son voisin et de faire savoir aux intéressés que le Gouverneur n’avait rien oublié de ses promesses mais que les affaires de l’Etat requéraient – pour un moment encore – la présence du Gouverneur à la tête de la Principauté.

L’Intolérable s’exécuta de ses deux missions. La première emplit de joie le Terne, tandis que la seconde fit grincer des dents en Principauté.

Dès qu’il reçut le message de l’Intolérable, le Terne mit ses services au travail pour réaliser la fusion des deux territoires.

Il se garda bien d’en souffler mot au Préferprime qui croyait pouvoir attendre tranquillement de voir le port de la principauté lui revenir de Droit.

Pour le Terne, il s’agissait bien sûr de dépouiller le Gouverneur mais aussi de piéger le Préferprime. Avec l’accord des autorités du pouvoir central, il proposa un traité de fusion prévoyant le rattachement de la Principauté « et de ses annexes » à son royaume et précisant que le Gouverneur de la Principauté, retrouverait, en raison du changement de statut de la Principauté, son titre de vice-roi avec les émoluments attachés à la fonction.

Pour le Gouverneur, c’était parfait.

Pour ses ministres, beaucoup moins. Lorsque le document arriva en Principauté pour ratification, le Grippé s’empressa d’en dissimuler l’existence à tous. Mais la République a, bon an mal an, les qualités de ses défauts, parmi lesquelles, la transparence n’est pas la moindre.

Il ne fut pas longtemps avant qu’une rumeur se répandît à propos de la fusion selon laquelle la Principauté allait passer sous pavillon voisin. Venue de nulle part et de partout à la fois, la rumeur avait fait son chemin et était revenue aux oreilles du Grippé, impuissant devant l’ampleur du sinistre. Les deux ministres apparemment floués, en voulaient à la terre et au ciel, au Gouverneur et à tous ceux qui l’approchaient. Le Grippé avait beau se justifier, dire qu’il n’y était pour rien et renvoyer toute la responsabilité dans le camp de l’Intolérable, rien  ne pouvait calmer la colère de ceux qui avaient eu la faiblesse de croire en la promesse du Gouverneur…. Dépassé, le Grippé, à son corps défendant, dut s’en remettre à l’Intolérable.

Et l’affaire aboutit au Palais, d’où elle était partie.

L’Eurocrate estima alors que sa mission qui consistait « à faire un Pair du Gouverneur » était remplie et qu’il n’avait plus rien à voir à ces affaires locales qu’il n’estimait pas de son  niveau. Il abandonna donc l’Intolérable à ses responsabilités subalternes et retourna dans son officine de Bruxelles sans un mot pour le Gouverneur.

Pendant ce temps, en Principauté, la tension augmentait entre les deux ministres candidats à la succession du Gouverneur. Ce n’était désormais un mystère pour personne que le Gouverneur avait fait la même promesse aux deux intéressés. Avoir imaginé un autre scénario était la preuve d’une grande naïveté doublée d’une grande prétention des deux postulants. Mais qu’importe puisqu’ils se trouvaient tous deux « Gros-Jean comme devant ».

Ils n’avaient plus que deux perspectives : unir leurs efforts ou se combattre à mort.

L’Intolérable n’ignorait pas le caractère inéluctable de cette alternative. Mais d’un côté, il n’était pas dit que l’union de ces deux médiocres aboutirait à éliminer son maître tandis qu’il était certain que leur combat à mort les détruirait tous les deux en l’épargnant, ainsi que lui, par-dessus le marché.

Il fallait donc organiser le combat des prétendants.

La preuve que la Principauté ne recelait plus aucune source de pouvoir n’était plus à faire. C’était une évidence. Les deux combattants le savaient. Il s’agissait donc simplement d’un combat de coqs guidé beaucoup par la vanité et par le goût du profit.

C’était donc sous cet angle qu’il allait concevoir le scénario de la bataille.

A suivre : 3 me épisode - Un marché de dupes

00:00 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

En cette fête votive 2014 le Vice-Roi avait,sous les conseils de l'intolérable,bien pris soin d'inviter à sa table les Seigneurs voisins dont le nouveau de MONTPAYE dit "le terne" ou en sa cité "Relseau"...Ce dernier bien informé par quelques affidés locaux avait rapidement compris les attentes du Seigneur de THAU...aussi sans problème il partagea avec lui le plat traditionnel de la Singulière;la MAC'ARONADE....
C'est que "le terne" avait un plan...Une fois le ROYAUME REGIONAL disparu ...la place sera vide et son projet de MEGACITE d ALES A THAU...lui trottait dans la tête...ça lui permettrait de régler quelques comptes avec certains de son ex-guilde le Patronage Social(PS)...Donc les ambitions de l'imposteur l'intéressaient...car finalement elles rentraient dans son plan et celui de son ami Manu del VALLS promu Gouverneur National par le Présiroi...
Pendant ce temps le peuple se distrayait car l'ambiance générale était morose...
Changement de gouvernement....disputes publiques...corruptions en tous genres...et surtout...Chômage galopant...
Certains,parmi le Peuple,parlaient beaucoup du Royaume ami de BELGIQUE resté pendant deux ans sans gouvernement...sans problème...mieux même avec une amélioration de croissance et de PIB!!!!
Certains se demandaient,finalement,si les vieux imbéciles AUTOGESTIONNAIRES n'avaient pas raison...si de confier les affaires de la cité à des professionnels n'était pas une erreur!!!
D'autres disaient aussi; en Belgique ce sont des fonctionnaires anonymes qui ont géré le PAYS pendant 2 ans et tout s'est bien passé...a t on besoin de ces parasites politiciens?
Sur ces bases certains avancaient l idée d'une 6ième Constitution...la colère montait de partout et le PRESIROI ,sans reine connue,déprimait....D'autant que Chevalière MARINE encerclait déjà bon nombre de cités!!!
En plein feu d'artifice de la cité tomba la nouvelle: Le Seigneur Régional Christian 1er venait de décéder...vite on fit ce que l'on pu...on descendit le Drapeau de la Province du Batiment du Marché aux poissons en signe de Deuil...mais à ses pieds un groupe musical de Chansons exotiques continuait la fête avec de jeunes danseuses légèrement vêtues...Quelle saisissante image!!!
Dès le lendemain ...les candidats à la PRESIDENCE avaient fait connaître leurs intentions dont Bob "The king of the PIZZAS"...qui devait faire face à de lourdes accusations d"abus de biens sociaux" contre sa propre guilde d'origine...qui l'avait exclu...Que la vie est dure devait il se dire...moi qui,toute ma vie durant, n'ai pensé qu'au bonheur du Peuple d OC!!!

Écrit par : oxygene | 27/08/2014

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