13/04/2014

L’IMMOBILISME, ENNEMI DE L’HISTOIRE

Je suis un conservateur. Mais je crois être un conservateur réaliste. C’est-à-dire un « conservateur progressiste ».

Le conservateur est attaché à l’acquis, à l’héritage dans lequel il se reconnaît en tant que chaînon d’une vie qui se perpétue. Il se réfère à l’Histoire.

Le progressiste est réputé examiner une situation avec lucidité, en découvrir les imperfections, trouver les remèdes adaptés et les proposer à ceux qui doivent décider de leur avenir. Il se projette dans l’avenir.

Les deux termes, que l’on a souvent opposés, ne sont pourtant pas contradictoires.

La simplification des idées auxquelles je faisais allusion récemment (cf. « Opinion Publique et Démocratie » du 7 Avril 2014) a conduit la plupart des observateurs à considérer les conservateurs, de droite, comme immobilistes et les progressistes, de gauche, comme adeptes du changement.

Mais, très curieusement, l’histoire nous a enseigné le contraire. Il n’est pas contestable que Mme Thatcher, de droite, fut une vraie conservatrice et que sa lucidité sur l’état du Royaume Uni, l’a conduite à des réformes drastiques qui ont permis à son pays de changer de siècle et de s’adapter aux changements induits par la modernité. Elle était progressiste.

Et dans le même temps, nul ne peut contester que François Mitterrand, de gauche, s’annonçait comme progressiste avec des réformes de société comme l’abolition de la peine de mort, mais que son progressisme s’arrêta là, incapable qu’il fut, à l’encontre de son prédécesseur,  de jeter un regard lucide sur l’évolution de la société française. Il fut un conservateur.

En réalité, tout n’est question que de courage. Les mots n’ont rien à voir avec les intentions et les faits.

Ce dont souffre notre pays, c’est du manque de courage de ses dirigeants tant sur le plan national que sur le plan local.

J’ai bien compris que la révélation d’un projet qui nécessite des efforts importants n’est pas électoralement porteuse de suffrages mais – si je fais, pour une fois, l’éloge du cynisme – la duplicité pourrait au moins conduire ceux qui ont manqué de courage à réaliser le projet évident qui permettrait d’adapter la thérapie nécessaire pour traiter le mal diagnostiqué.

Il suffirait pour cela que les lâches soient lucides. Sans reconnaître leur lâcheté, ce qui leur serait insupportable, il suffirait, puisque leur lâcheté leur a permis d’être élus, qu’ils se saisissent sans risque du projet des courageux pour le réaliser. On en a vu d’autres !

Mais non. La plupart du temps les lâches ne sont pas lucides ou, en tout cas, ne tirent aucune conséquence de leur lucidité, car tirer la conséquence de sa lucidité est une forme de courage.

Les événements que nous vivons actuellement illustrent ce constat tant sur le plan national que sur le plan local.

Sur le plan national, ceux qui ont dit qu’il fallait faire des économies ont été battus et ceux qui l’ont lâchement nié ont été élus et se retrouvent aujourd’hui confrontés à leur lâcheté originelle, incapables d’adopter l’attitude courageuse de leur opposants.

Sur le plan local, le déclin évident de l’économie sétoise nécessitait un bouleversement profond des structures économiques de notre ville mais les élus d’aujourd’hui persistent à prétendre, faute de lucidité ou de courage, ou des deux, qu’il ne faut surtout rien changer. C’est ainsi que, petit à petit, les acteurs de la vie publique qui devraient se placer aux avant-postes des réformes, préparent les révolutions.

22:25 Écrit par MARCHAND-Yves | Tags : yves marchand 2014; | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

ok alors on la fait quand cette révolution ??

Écrit par : Michel | 30/04/2014

Bonjour! J'aurais juré j'ai été sur ce site avant, mais après avoir traversé quelques uns des articles j'ai réalisé que c'est nouveau pour moi. en tout cas, je suis certainement heureux je suis tombée dessus et je vais faire un bookmarking.

Écrit par : achat maxosize en france | 02/10/2014

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