07/04/2014

OPINION PUBLIQUE ET DEMOCRATIE

On s’interroge parfois sur cette propension des jeunes à se fondre dans la masse en s’habillant tous de la même façon, en adoptant les mêmes codes de langage, bref en constituant un groupe homogène au détriment de la personnalité de chacun de ses membres.

Cette attitude n’est pas spécifique aux jeunes. Elle se retrouve dans toute la société et aboutit à ce que l’on a appelé il y a quelques années le « politiquement correct » qui consiste, pour ne choquer personne, à énoncer ce que tout le monde pense, c’est-à-dire le plus petit dénominateur commun de la pensée. Malheur à celui qui en sort. Ses chances de survie sociale sont infimes. Car le groupe façonne la pensée de ses membres pour restreindre leur liberté et prendre ainsi le pas sur eux. Nous sommes dans une société où le groupe a depuis longtemps escamoté l’individu. C’est la vie en société ponctuée par des codes qui interdisent la contestation du « politiquement correct ».

C’est ainsi qu’à quelques exceptions près, les individus préfèrent se tromper avec le groupe plutôt que d’avoir raison contre lui. Accepter l’opinion des autres sans même la discuter dès lors qu’elle correspond à la majorité n’est pas une preuve de tolérance mais la manifestation d’un renoncement. C’est ainsi, de renoncements en renoncements, que se crée l’opinion publique.

L’opinion publique n’est pas la simple addition d’opinions individuelles. Au contraire,  l’opinion publique donne un sens à une masse confuse d’opinions irraisonnées mais ressenties par la majorité.

L’opinion publique ne se décrypte pas, elle s’impose. Elle est à la fois le résultat de l’Histoire et le résultat d’une aspiration au confort de l’individu en général trop lâche pour affronter le groupe. Elle stagne le plus souvent dans le « non dit » des individus et s’exprime dans le « on dit » de la masse. Elle devient alors un fait sociologique.

La vie publique est faite de rumeurs qui façonnent l’opinion publique.

D’où l’importance des slogans, des affirmations sans preuve voire des mensonges, qui sonnent comme des axiomes, des dénonciations publiques et des condamnations sommaires.

Paradoxalement, l’opinion publique se nourrit de tout ce qui détruit la démocratie. Et pourtant la démocratie, tant bien que mal, survit. C’est qu’au fond un consensus permet au groupe ce réflexe d’autodéfense qui le conduit, pour sauvegarder son confort, à éliminer ceux de ses membres qui risqueraient de compromettre l’harmonie du groupe.

C’est pourquoi, nous n’avons pas grand-chose à attendre d’un nouveau gouvernement, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne, tant que l’opinion publique n’aura pas assimilé, digéré et restitué sous forme de « on dit » le changement qu’elle ressentira alors comme nécessaire.

La démocratie n’a pas la capacité de mettre en œuvre une réforme. Elle ne peut que la constater lorsqu’elle est devenue évidente aux yeux du plus grand nombre.

L’opinion publique règne sur la démocratie parce qu’elle en est à la fois le fondement et la résultante.

Lorsque l’opinion publique n’a pas conscience de la mutation profonde qu’elle doit opérer dans la vie quotidienne du groupe pour assurer sa survie, la démocratie n’est pas l’outil adapté pour la convaincre. C’est  peut-être pour cela que, dans notre pays, les réformes n’ont jamais opéré les changements attendus ou espérés.

11:23 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

M. Marchand j'aime toujours vous lire mais la tenue et le politiquement correct ne fonctionne pas comme cela a mes yeux certes l'effets de mode pour le jean ou la tablette dernier cri fonctionne mais il y a aussi les réfractaires ou les modes de vie différents .
pas de points communs entre un jeune bien encadré par sa famille , un jeune sans repère vendeur de drogue , ou un africains perdue dans la nature sans les repères de la vie occidentale ou pire encore qu'un fils d'immigré en France dans un pays libre qui opte pour le djihad et qui va tuer des musulman en Syrie bref meme si cela vous sert de référence j'ai du mal vous comprendre .
il ni a pas de malheur , ni de fatalité et effectivement le groupe la pensée de ses membre
oui le groupe a escamoté l'individu mais les groupes se fabriquent et votre mouvement avec un beau projet n'a pas eu l’adhésion massive malgré un beau projet . plutôt que dire c'est la faute des autres ou du système il vaut mieux se demander pourquoi et faire en sorte de rassembler renvoyé les personne a la médiocrité de la masse n'est pas constructive , pas innovatrice et pas mobilisante .
j'ai lu quelques commentaires qui me semblaient pertinent sur les erreurs de la campagne
une arrivée tardive qui n'a pas effacé le départ pas forcement cool des année précédente,
un projet grandiose et novateur qui a fait peur a une ville pauvre et déjà endettées ( voila un outil de la peur la dette ) les plus démuni n'ont pas osés . le recours se trouvait plus du cote du FN .
et Oui la rumeurs a toujours été un vecteurs fort ,pas toujours rationnels qui sert a manipuler les électeurs . mais ce n'est pas nouveau . les promesse ne sont jamais tenues
et je pense que votre sincérité n'a pas pu convaincre car la masse des politiques de Cahusac a Taubira ou des Copés mentent tous au français en permanence .
pour gagner il faut convaincre de manière a renforcer votre groupe et communiquer sans fermer les portes .

Écrit par : Michel | 07/04/2014

Cher monsieur Marchand,

De tous temps les divisions, les intérêts personnels, les pulsions mesquines dans les meilleurs, criminelles dans les pires des cas ont de tous temps et ce de façon universelle, dominés la chose publique, c' est on ne peut plus humain.
Hélas, nous ne pouvons constater que cette res publica se resserre qu' en cas de grandes catastrophes, la menace n' y suffisant pas ... et encore, même dans les moments d' horribles misères s' en trouvent encore qui en frapperont monnaies à leurs effigies.
Paix soit aux hommes de bonne volonté, un ingrédient oh que trop clairement semé.

Écrit par : RUYMEN | 07/04/2014

Oui c'est la fameuse histoire des "moutons de PANURGE"...on sait comment en général ça finit...
Lorsque tout ça s'applique à l histoire avec un grand H ...;ça donne...HITLER,MAO,STALINE,FRANCO,MUSSOLINI...tous ces bienfaiteurs de l humanité MIS EN PLACE avec l'assentiment général.....défaits avec le même assentiment général doublé de cris de vierges effarouchées...
Seuls quelques rares hommes éclairés n'ont pas abusé de l HISTOIRE...ils auraient pu...DE GAULLE,CHURCHIL,MANDELA,GANDHI....Rarissimes cas...!!!
Ce phénomène "PANURGESQUE" transposé à notre époque moderne FAIT PEUR:Montée des extrèmes alimentée par l UMP ET LE PS,Acculturation croissante des masses,chômage,précarité,clientélisme quasi mafieux...le terreau d'une nouvelle aventure désastreuse est là et ce ne sont ni les VALS ni les SARKO FILLON qui nous en sortiront...Déjà dans notre quotidien ne voyez vous pas poindre ces excés ménagers d'agressivité,d'individualisme...de vulgarité???ce sont les premiers symptomes...
F COMMEINHES vautré dans sa JETSETE à la OLA où il vient de prendre ses quartiers d'été...devant force macaronade et vin frais n'est qu'un épiphénomène.
Ne soyons pas tout de même trop esthètes: il a le droit de se détendre devant notre plat national entouré d'amis plus ou moins sincères...là n'est pas le problème...le problème il est juste derrière le rideau de fumée...et derrière ce rideau c'est LE NEANT ABSOLU...la facilité....les réseaux malsains...la fainéantise(qui n a rien à voir avec la paresse..)les apparences...l'argent plus ou moins bien gagné...l'argent qui creuse l'écart...l'argent qui divise..
Finalement je reviens un peu à mes sources MARXISTES(mais PAS LENINISTES)je pense que l'avènement d'un homme,d'un groupe,n'est pas du au hasard il n'est que le produit de l HISTOIRE....sachant que pour COMMEINHES et sa bande cette histoire s'écrira avec un petit h...tant,fat qu il est, il surfe sur la médiocrité non pas du renoncement mais plus grave de la soumission.

Écrit par : oxygene | 08/04/2014

Conservateur....progressiste...Yves tu as raison...des MOTS...
Moi qui me considère progressiste je sais aussi que JAURES,BLUM,MENDES sont morts et sans doute avec eux le Socialisme à visage humain...
Moi le progressiste...je suis aussi CONSERVATEUR plus exactement ATTACHE à certaines valeurs....du siècle des lumières...et (j'assume pleinement) du CHRISTIANISME....
Tout ça c'est un cheminement qui m a pris du temps...et en plus je reste un tantinet provocateur...ça c'est mon education ,ma formation au contact de prêtres radicaux et d'etudiants trotskystes...
Quant à SETE nous devons bien analyser...que ce n'est que par UN GRAND RASSEMBLEMENT SANS DOUTE TRANSGRESSIF...que la gabegie médiocre actuelle pourra être défaite...;
C'est sans aucun doute ce qui est la cause principale de l'échec des nombreux opposants à FC...ne desespérons pas les citoyens,au fond,sont moins naifs que ce qu'on pourrait croire!!!(Mr l'Administrateur ce sujet est relatif à l'immobilisme..je me suis trompé!!)

Écrit par : oxygene | 14/04/2014

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