30/03/2014

COLIN-MAILLARD

DERNIER BILLET ÉLECTORAL

Ainsi donc les électeurs sont comme ces joueurs aux yeux bandés qui doivent deviner le nom de celui que leurs bras ont pu saisir à l’aveugle, le temps d’une embrassade. Le jeu est coquin. Il a évidemment pour objet de permettre à tous les participants de se retrouver au lit, à deux ou à plusieurs.

Le XVIIIème siècle, pré révolutionnaire, libertin entre tous, est devenu le siècle des yeux bandés jusqu’au moment où la France, les ouvrant tout grands, s’est déchaînée contre le pouvoir puis, hélas, contre elle-même. Les jeux de l’amour et du hasard ont fini dans le sang, dans la Terreur.

L’élection de ce soir, comme la précédente présidentielle, me semble de cette nature. On se dirige vers l’un ou l’autre des candidats, sans chercher à le voir vraiment comme il est, en fonction de ses intérêts, de ses affinités, parfois de ses principes, mais jamais en fonction du bien commun. Bref, un candidat qu’il faut absolument sacrer pour en faire un complice et surtout pas un guide. C’est pourtant chaque fois d’un entraîneur d’équipe dont les citoyens ont besoin. Car le bien commun ne se satisfait pas d’embrassades et de coucheries. Il se veut rigoureux, un peu lointain, préoccupé d’avenir, de redressement et d’intérêt général. Il n’est pas partisan. Il est éminemment politique. Il n’est pas carriériste. Il est solidaire. Il n’est pas serviteur. Il se proclame libre. Il n’est pas complaisant. Il se veut à l’écoute.

Ce soir Sète aura choisi son avenir les yeux fermés. Malgré les prémices du déclin, Sète, consciemment ou pas,  aura accepté la mécanique de la servitude. Car Sète, sans projet, n’a pas la capacité de décider de son avenir. Chacun doit avoir une vision de son avenir pour gagner et assumer sa liberté. Mais plus personne à Sète, ni du maire élu ni de son opposant, n’a cette vision. Car plus personne n’a la possibilité ni même la volonté d’exiger des néo-colonialistes régionaux la mise à disposition au profit des Sétois des ressources pourtant produites par les Sétois.

Demain, on n’aura même plus besoin d’eux et la ville, devenue banlieue de la capitale régionale, vivotera dans la torpeur d’un bien-être mortifère.

Je l’avais dit, durant cette campagne, les Sétois, ont à leur disposition deux injections : l’une pour réagir en fabriquant des anticorps, l’autre pour s'endormir paisiblement et définitivement. Ils ont choisi la seconde. Je crois qu’on pourra dire d’eux qu’ils sont morts « dans la dignité » parce qu’il n’y avait, diront-ils en guise d’excuse, plus rien à tenter, plus rien à faire.

Je croyais le contraire. Ils n’ont pas été assez nombreux à me croire. Ils ont préféré le jeu de colin-maillard à la lucidité.

 

00:00 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | |

24/03/2014

L’IDEAL N’EST PAS UNE UTOPIE

Il n’est pas facile mais nécessaire de viser l’idéal. C’est en tout cas ce que j’ai toujours appris et que j’ai essayé, toute ma vie, de mettre en pratique.

C’est ainsi que l’on traverse les épreuves en cherchant constamment à s’améliorer, à apprendre, à comprendre et à partager avec les autres l’expérience acquise.

Le projet que nous avons proposé aux Sétois était de cette nature. Réalisable avec de la volonté et des efforts mais susceptible de répondre à l’engourdissement de l’économie locale asphyxiée par les impôts, la perte d’activité et l’exode de la consommation vers la capitale régionale.

Les Sétois n’ont pas adhéré à ce projet. Ils se sont majoritairement réfugiés dans l’apparent bien-être de la mort douce par injection létale. Ils ont donc accepté de mourir comme on dit aujourd’hui, dignement, c’est-à-dire, sans se battre.

Le Parti des Sétois leur a proposé de combattre pour revivre. Ils ont préféré se cacher pour vivoter. Ils n’ont pas pensé que si les plus vieux d’entre eux pouvaient encore y parvenir, leurs enfants, eux, étaient condamnés à mort.

En élaborant notre programme d’un nouveau moteur économique pour la ville autour d’un port de plaisance capable de drainer une nouvelle clientèle, nous avons préparé la seule mutation possible de la ville. Son rejet aboutit à condamner Sète à devenir un appendice de l’agglomération montpelliéraine.

Les plans sont déjà dressés par l’administration. Il y aura dans le département de l’Hérault, deux grandes agglomérations, l’une autour du biterrois et l’autre autour de Montpellier.

Sète n’a de chance d’en sortir qu’en prenant son avenir en mains. Mais personne, à part le Parti des Sétois, ne propose de solution.

Alors, puisque c’est la volonté de la majorité des Sétois, nous leur laissons évidemment le soin de choisir un autre avenir. Qu’ils sachent simplement que cet avenir sera un lent déclin aboutissant d’abord à une perte d’autonomie – déjà bien entamée – puis à une perte d’identité.

La mainmise du Conseil Régional sur le port s’est déjà révélée mortifère. Le refus des Sétois de réagir à cette situation sera fatal.

Je ne sais pas si c’est vraiment le choix qu’ils ont fait délibérément ou si leur décision de sanctionner le gouvernement qui – c’est vrai – les écrase, a occasionné ce simple dommage collatéral. Mais en confondant deux élections, je sais qu’ils ont définitivement compromis leur propre avenir. J’avais averti le maire sortant en 2006. Il n’en a pas tenu compte. Nous nous sommes collectivement impliqués en 2014 pour rectifier cette erreur. Les Sétois ont laissé filer.

Demain, il sera trop tard.

01:37 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (16) |  Imprimer |  Facebook | |

21/03/2014

Résumé video du Meeting du 18 mars

20:04 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | |