29/12/2013

CINQ FIASCOS CONTRE UN BANCO !

A la fin d’une année 2013 que nous qualifierons d’« année de tous les fiascos » : fiasco politique avec une ville colonisée par la Région, fiasco culturel avec le scandale des « Voix Vives », fiasco touristique avec « les ruines de "L’America’s Club" incendiée par des voyous », fiasco financier avec la folie du Partenariat Public Privé de l’éclairage public et fiasco des affaires avec, pour couronner le tout, le Maire en garde à vue, je voudrais que cette année 2014, soit l’année du Banco !

Pour réussir cette reconversion, il faudra réunir trois conditions :

1 Changer de route : C’est en finir avec les petites promesses payées par des contribuables exsangues : en proposant toujours plus pour acheter des voix. C’est accepter le changement qui s’est opéré à Sète et en tirer les conséquences. C’est redessiner les contours du port de pêche et redimensionner le port de commerce à la mesure d’ambitions raisonnables. C’est proposer un nouveau départ à une ville à bout de souffle. C’est constater que l’avenir de la ville se trouve dans sa vocation de ville balnéaire et touristique et en tirer les conséquences en jouant la carte de l’accueil au lieu du repli sur soi.

2 Changer de véhicule : C’est adapter la ville à sa nouvelle dimension touristique en créant les conditions de l’accueil : piétonisation de la Marine, réalisation d’un ensemble architectural repérable au cœur du nouveau quartier touristique, nouveau port de plaisance, création des ouvrages destinés à fluidifier la circulation automobile pour que la traversée de Sète ne soit plus un enfer. C’est marier la pêche et le tourisme en réunissant  les deux activités au moment où, au lieu de se combattre, elles participent au même objectif d’accueil des touristes. C'est créer une dynamique nouvelle avec nos propres outils.

3 Changer d’attelage : C’est mettre aux commandes une nouvelle équipe qui ait le sens du bien public : des gens qui ont su s’investir au profit de la collectivité, des jeunes qui veulent prendre leur avenir en mains. C’est établir de nouveaux rapports entre les élus et le personnel municipal, entre les élus et la population, entre le personnel municipal et la population pour converger vers l’excellence du service public. C'est relancer le dialogue avec tous.

C’est en respectant ces trois exigences que nous créerons à Sète les conditions du renouveau :

-         pour l’emploi

-         pour l’activité

-         pour la richesse

Mon vœu le plus cher pour 2014, c'est que nous réussissions ce Banco !

23/12/2013

RETOUR VERS L’AVENIR

Je n’ai jamais tant entendu parler du passé depuis que l’avenir m’a conduit à retrouver mes racines !

Le passé se situe toujours entre le réel et l’imaginaire, entre l’histoire et le rêve.

Et c'est sans doute pour cela qu'on l'évoque afin de se projeter avec une apparente sécurité dans un avenir nourri d'espoir et de crainte.

Et c'est toujours ainsi entre souvenir et espoir que se détermine le choix de notre avenir.

Les élections n’échappent pas à ce passage obligé.

Bien sûr, chacun des candidats ne peut être évalué que par rapport à son passé. C’est le passé qui fonde le jugement des électeurs sur leur crédibilité.

Mais bien sûr aussi, chacun de nous, outre son passé, doit offrir aux électeurs la part d’espoir qu’exige notre volonté de vivre.

Le plan que je défends pour Sète s’inspire du passé, s'imprègne du présent mais les transcende pour nous projeter avec la jeune génération dans un espace qui va mettre notre ville en concordance avec les changements de population et de comportement qui se sont déjà opérés depuis un quart de siècle.

Qui peut prétendre ne pas avoir constaté les mutations qui ont profondément modifié la sociologie de notre ville ?

Comment continuer à faire comme si ces changements n’existaient pas, comme si Sète était toujours le 7ème port de commerce français, comme si être le 1er port de pêche de la Méditerranée avait encore un sens au niveau où se trouvent les captures ? Comment  prétendre vivre et préparer l’avenir de nos enfants sans  tenir compte de ces profonds bouleversements survenus en moins de 30 ans ?

Lorsque j’avais envisagé, dès 1990, de créer un tunnel d’accès à la ville permettant de supprimer deux ponts déjà en très mauvais état, ce que je pouvais entrevoir d’un avenir probable me conduisait à bousculer les habitudes en offrant de nouvelles perspectives.

Je pensais, depuis la construction du parking sous le canal, que chacun y était prêt . Mais c'était peut-être trop tôt. La ville n’y était pas encore prête en majorité.

On a, contre toute logique et contre mes propositions, reconstruit le pont de la Victoire. Et on est en train de remettre à neuf le Pont du Tivoli en dépit même des projets de plaisance que ceux qui le reconstruisent ont nourris pour le quartier de Cayenne. Absurde, sans doute, mais il faut à présent faire avec !

Et face à l'étrange entêtement de ceux qui, par manque d’imagination, refus de se remettre en cause, ou idéologie du passé, semblent vouloir à tout prix, et souvent hors de prix, reconstruire des ponts dont le fonctionnement obsolète nuira aux facultés de développement de notre ville, nous allons repenser la ville autrement, avec ce handicap dont nous essaierons de faire un atout.

Le juste équilibre entre le respect du passé et la probabilité d'un avenir qui s'est déjà profilé nous  incite nécessairement au progrès.

L'enjeu est simple : faire de Sète, parce qu'elle en est la perle, la première ville balnéaire du Languedoc-Roussillon.

La réalisation de cet objectif est plus compliquée, nécessite de la volonté, de la détermination et le soutien de la population.

Pour ma part, je suis déterminé, avec le Parti des Sétois, c'est-à-dire avec tous les Sétois de bonne volonté, à conduire Sète vers le progrès, à la lumière de ce que nous avons réalisé par le passé et du constat que nous faisons qu’il est urgent, pour nous sauver du déclin, de Combattre pour Revivre.

16/12/2013

TRANSPARENCE ET REMINISCENCES

La Transparence est une nécessité démocratique. Mon passé fait partie de cette transparence. Midi Libre m’a enjoint sous couvert d'un trait d'humour de ne pas limiter l’exposé de mon bilan aux réalisations saluées par tous mais d’évoquer aussi celles qui étaient plus contestables. Je m’exécute.

J’en vois 3 qui ont créé la contestation: Les Journées Brassens, L’America’s Cup et le Pont des Sétois.

1 -Les Journées Brassens confiées à Henri Dumas, n’ont pas été un grand succès de participation locale - sauf pour tous les spectacles au théâtre Molière - mais un indiscutable succès de notoriété. Elles ont fait vivre Sète, grâce à une organisation sans faille et à un total bénévolat, à l’heure des grands rendez-vous de la chanson, du livre, du cinéma et du théâtre. L’hommage à Brassens a été vibrant. Les sponsors nous ont fait défaut en 1990 et la ville n’a pu malheureusement poursuivre leur organisation. Je le regrette encore. Le temps aurait assurément permis de les ancrer non seulement dans le calendrier national mais aussi dans le patrimoine des Sétois. Leur interruption, si j’en juge par les réflexions qui m’ont été faites, n’a pas été regrettée que par moi.

2 -L’America’s Cup initiée par Françoise Pascal dont chacun reconnaît la place qui a été la sienne dans le développement de la voile à Sète puisque une base nautique porte son nom et que son action nous a permis, après la Base Tabarly, de construire au profit des jeunes une nouvelle Base Nautique au Barrou, fut également un succès de notoriété. C’était une révolution dans la façon de concevoir le tourisme à Sète non seulement en termes d’image mais aussi de clientèle. La ville de Paris, avec Jacques Chirac, nous a rejoints. La base avait été subventionnée par la Région (socialiste à l’époque) et nous avions limité au minimum la participation de la ville. L’accueil de l’équipe (150.000€) n’a été assumé que pendant un an. Je ne le regrette pas. Je pense seulement que la ville n’était pas prête à la mutation que je lui demandais de faire. Il était trop tôt. Lorsque la ville aurait pu en tirer profit, je n’étais plus là et mon successeur a été d’une immense maladresse. Il s’était séparé de Françoise Pascal et n’avait plus la capacité d’intervenir au bon niveau.

Ces deux opérations, au seul profit de la ville tout entière et non pas de ses élus, était le seul budget de communication de la ville. Je pense encore qu’il a été bien employé.

3 -Le pont des Sétois m’a valu en 2004 d'être condamné  par la Cour d’Appel de Montpellier, certes seulement à une amende, mais condamné quand même malgré l'avis contraire d'un Préfet, d'un juge d'instruction qui avait rendu un non lieu et du Tribunal correctionnel qui m'avait relaxé.

Cette affaire a été au cœur d'une bataille de magistrats qui s'est terminée par la mutation d'un procureur de la République qui avait eu le courage de défendre mon innocence.

Le harcèlement dont j’ai été victime de la part d’un Procureur Général aigri et mal intentionné, pourrait être pour moi un titre de gloire.  Il m'a simplement appris à me défier de l'indépendance de la justice, ce qui n'est déjà pas si mal.

Qu'il me soit simplement permis de rappeler les faits : Pour gagner du temps et obtenir avant le 14 juillet 1993, sur le modèle du Pont de la Bordigue agréé par l'architecte des bâtiments de France, la livraison du pont des Sétois rendu indispensable à la circulation avant l'interdiction programmée du pont de la Victoire, j'avais négligé d'engager une nouvelle consultation d'entreprises. Je m'étais fondé, sur la proposition de mes services, sur un concours lancé quelques mois plus tôt sur le plan national, qui incluait la construction de ce pont et d’un tunnel qui devait permettre de supprimer le Pont du Tivoli et le pont de la Victoire alors près de s'effondrer. J’avais obtenu l'assentiment du Préfet, convaincu par l'urgence de réaliser les travaux. Mais des raisons politiques eurent apparemment plus de poids que la réalité des faits.

Alors que les seuls bénéficiaires de ma trop grande célérité étaient les Sétois, qui ont obtenu au plus vite le pont le plus beau et le moins cher, j'ai dû répondre d'une faute que la plupart des professionnels estimait que je n'avais pas commise.

J’en suis donc fier. Le préfet de l’époque était aussi fier que moi de m’avoir donné son accord pour agir ainsi. Il l'a dit chaque fois à l'audience. J’ai donc souffert de cette injustice.

Je suis à présent guéri en constatant que l’absence de ce pont, dont je revendique la totale paternité et dont j'ai assumé seul la totale responsabilité, provoquerait la paralysie de la ville pendant la durée des travaux réalisés sur le pont du Tivoli.

Ces trois dossiers ont été largement débattus, commentés et m’ont beaucoup coûté. J’ai payé le prix de l’action qui faisait dire à mon grand ancien Paul Coste-Floret : « Yves, méfiez-vous, un maire bâtisseur est un maire battu» ! 

Je suis cependant fier d’avoir contribué plus qu’aucun autre à construire les équipements de Sète et, conscient des risques mais plus déterminé que jamais, je m’apprête à le faire à nouveau si les Sétois estiment comme moi qu’il faut « combattre pour revivre ».

Ne vaut-il pas mieux être critiqué pour ce que l’on a fait que pour ce que l’on a négligé de faire ?