16/12/2013

TRANSPARENCE ET REMINISCENCES

La Transparence est une nécessité démocratique. Mon passé fait partie de cette transparence. Midi Libre m’a enjoint sous couvert d'un trait d'humour de ne pas limiter l’exposé de mon bilan aux réalisations saluées par tous mais d’évoquer aussi celles qui étaient plus contestables. Je m’exécute.

J’en vois 3 qui ont créé la contestation: Les Journées Brassens, L’America’s Cup et le Pont des Sétois.

1 -Les Journées Brassens confiées à Henri Dumas, n’ont pas été un grand succès de participation locale - sauf pour tous les spectacles au théâtre Molière - mais un indiscutable succès de notoriété. Elles ont fait vivre Sète, grâce à une organisation sans faille et à un total bénévolat, à l’heure des grands rendez-vous de la chanson, du livre, du cinéma et du théâtre. L’hommage à Brassens a été vibrant. Les sponsors nous ont fait défaut en 1990 et la ville n’a pu malheureusement poursuivre leur organisation. Je le regrette encore. Le temps aurait assurément permis de les ancrer non seulement dans le calendrier national mais aussi dans le patrimoine des Sétois. Leur interruption, si j’en juge par les réflexions qui m’ont été faites, n’a pas été regrettée que par moi.

2 -L’America’s Cup initiée par Françoise Pascal dont chacun reconnaît la place qui a été la sienne dans le développement de la voile à Sète puisque une base nautique porte son nom et que son action nous a permis, après la Base Tabarly, de construire au profit des jeunes une nouvelle Base Nautique au Barrou, fut également un succès de notoriété. C’était une révolution dans la façon de concevoir le tourisme à Sète non seulement en termes d’image mais aussi de clientèle. La ville de Paris, avec Jacques Chirac, nous a rejoints. La base avait été subventionnée par la Région (socialiste à l’époque) et nous avions limité au minimum la participation de la ville. L’accueil de l’équipe (150.000€) n’a été assumé que pendant un an. Je ne le regrette pas. Je pense seulement que la ville n’était pas prête à la mutation que je lui demandais de faire. Il était trop tôt. Lorsque la ville aurait pu en tirer profit, je n’étais plus là et mon successeur a été d’une immense maladresse. Il s’était séparé de Françoise Pascal et n’avait plus la capacité d’intervenir au bon niveau.

Ces deux opérations, au seul profit de la ville tout entière et non pas de ses élus, était le seul budget de communication de la ville. Je pense encore qu’il a été bien employé.

3 -Le pont des Sétois m’a valu en 2004 d'être condamné  par la Cour d’Appel de Montpellier, certes seulement à une amende, mais condamné quand même malgré l'avis contraire d'un Préfet, d'un juge d'instruction qui avait rendu un non lieu et du Tribunal correctionnel qui m'avait relaxé.

Cette affaire a été au cœur d'une bataille de magistrats qui s'est terminée par la mutation d'un procureur de la République qui avait eu le courage de défendre mon innocence.

Le harcèlement dont j’ai été victime de la part d’un Procureur Général aigri et mal intentionné, pourrait être pour moi un titre de gloire.  Il m'a simplement appris à me défier de l'indépendance de la justice, ce qui n'est déjà pas si mal.

Qu'il me soit simplement permis de rappeler les faits : Pour gagner du temps et obtenir avant le 14 juillet 1993, sur le modèle du Pont de la Bordigue agréé par l'architecte des bâtiments de France, la livraison du pont des Sétois rendu indispensable à la circulation avant l'interdiction programmée du pont de la Victoire, j'avais négligé d'engager une nouvelle consultation d'entreprises. Je m'étais fondé, sur la proposition de mes services, sur un concours lancé quelques mois plus tôt sur le plan national, qui incluait la construction de ce pont et d’un tunnel qui devait permettre de supprimer le Pont du Tivoli et le pont de la Victoire alors près de s'effondrer. J’avais obtenu l'assentiment du Préfet, convaincu par l'urgence de réaliser les travaux. Mais des raisons politiques eurent apparemment plus de poids que la réalité des faits.

Alors que les seuls bénéficiaires de ma trop grande célérité étaient les Sétois, qui ont obtenu au plus vite le pont le plus beau et le moins cher, j'ai dû répondre d'une faute que la plupart des professionnels estimait que je n'avais pas commise.

J’en suis donc fier. Le préfet de l’époque était aussi fier que moi de m’avoir donné son accord pour agir ainsi. Il l'a dit chaque fois à l'audience. J’ai donc souffert de cette injustice.

Je suis à présent guéri en constatant que l’absence de ce pont, dont je revendique la totale paternité et dont j'ai assumé seul la totale responsabilité, provoquerait la paralysie de la ville pendant la durée des travaux réalisés sur le pont du Tivoli.

Ces trois dossiers ont été largement débattus, commentés et m’ont beaucoup coûté. J’ai payé le prix de l’action qui faisait dire à mon grand ancien Paul Coste-Floret : « Yves, méfiez-vous, un maire bâtisseur est un maire battu» ! 

Je suis cependant fier d’avoir contribué plus qu’aucun autre à construire les équipements de Sète et, conscient des risques mais plus déterminé que jamais, je m’apprête à le faire à nouveau si les Sétois estiment comme moi qu’il faut « combattre pour revivre ».

Ne vaut-il pas mieux être critiqué pour ce que l’on a fait que pour ce que l’on a négligé de faire ?

Commentaires

Du passe ,il faut en faire une force , merci de revenir,car je n avais pas d ´autre alternative que l,extrême ,tant ma colère est grande d'avoir était abusée par la politique des un et des autres.31ans de vie a l Ile de Thau ..........''....au secour !!! Serait il possible de prendre rendez- vous pour m'entretenir avec vous?Mme sommer-PIEL

Écrit par : Sommer-PIEL | 16/12/2013

Vous pouvez téléphoner pour cela à M. Brel 06 31 00 16 10

Écrit par : Yves Marchand | 16/12/2013

" Avoir raison trop tôt c'est avoir tort " Proverbe chinois
20 ans après les Sétois savent ce qu'ils vous doivent Monsieur Marchand et ce qui a été fait ou pas par vos successeurs. Les Sétois sauront faire la différence le moment venu.

Écrit par : Lei Rennei | 16/12/2013

Dans tous les bilans de qui que ce soit il y a du négatif et du positif...personne n y échappe...heureusement.....
En ce qui concerne Yves MARCHAND il n'a pas à rougir de ce qu'il a fait...mais au delà des réalisations c'est plus dans la Façon d'être que l homme ne laisse pas indifférent...
On le sait il a du caractère...on le sait il peut être expéditif...
Mais c'est un HOMME qui ASSUME qui parle franchement...et ça dans le climat actuel ça n a pas de prix...SETE a besoin de clarté...;de confiance....
En plus avec la maturité...;avec cette coupure de plusieurs années...il a sans aucun doute gagné en sérénité...en esprit d'ouverture...il ne recherche rien...il veut juste servir la ville qu'il AIME!!!!!!

Écrit par : oxygene | 17/12/2013

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