11/09/2013

Le Tango d’Hollande

 

Chacun s’est délecté de l’inénarrable montage réalisé sur You Tube d’un Hollande maladroit et emprunté dans les manifestations publiques, en particulier avec la chancelière d’Allemagne. Mais s’il est simple de rendre par l’image les balourdises de notre président, il est plus difficile de mettre en évidence ses gaffes, ses revers, ses contre-pieds ou ses reculades, sans compter les rebuffades dont il est constamment l’objet de la part des grands de ce monde, y compris de ceux qui sont ses alliés naturels.

Il faut pourtant le faire si l’on veut parvenir à comprendre pourquoi la France ne croit plus en elle, pourquoi la France s’ennuie et  pourquoi la France a peur.

Lorsque le pays est gouverné, la France trouve ses repères et ressent intuitivement mais intimement la sécurité que lui inspirent ses gouvernants. Lorsque le pays a une ligne de conduite, la France vit d’espoir et ramasse tous ses efforts pour préparer l’avenir avec courage et détermination. Lorsque le pays fixe les limites de sa souveraineté, la France sait que sa place dans le monde n’est pas contestée.

L’exemple de la Syrie est significatif du suivisme de notre gouvernement et de ses hésitations qui lui tiennent lieu de réal-politique.

Ainsi donc la va-t-en guerre Hollande, après avoir menacé Bachar el Assad d’une « punition » exemplaire  au nom de la morale – comme si la morale avait quelque chose à voir avec la diplomatie et avec la politique – reçoit comme une claque la défection de la perfide Albion qui a sagement préféré s’en remettre à ses représentants populaires avant de se lancer dans le grand bain, puis après avoir tendu la joue gauche, en reçoit une autre, d’une femme, celle-là, expédiée depuis l’autre rive du Rhin, pour lui notifier son refus définitif d’engager les armes dans ce conflit. Et de deux !

Mais, comme ce n’est pas suffisant, voilà d’un seul coup son mentor qui, avant d’expédier ses missiles, décide de s’en remettre au Congrès des Etats-Unis avec la quasi certitude qu’il n’y obtiendra pas la majorité. Patatras ! Hollande trébuche et se retrouve à terre.

Comme si ce n’était pas suffisant, l’oncle Vania propose la paix que, sur le principe, accepte le grand frère. Oublié l’allié Hollande, oublié l’ennemi Hollande. Remis à la place qu’il n’aurait jamais dû quitter : le vestiaire.

Mais il se ressaisit pour reprendre l’initiative afin de montrer cette détermination sans faille qui fait sa personnalité sans égale et propose au Conseil de sécurité des nations Unies une résolution pétaradante et sans concession, aussitôt repoussée….

Le tango est une danse difficile qui, malgré les apparences, propose toujours au couple une progression dynamique. Seul le mauvais danseur fait du surplace. Il ne lui reste plus qu’à aller se cacher dans sa chambre et se jeter sur son lit en pleurant à chaudes larmes.

Pendant ce temps, les Français s’inquiètent. Heureusement, les puissants de la planète ont opté pour la paix et les rassurent. Pour un temps.

Mais au tréfonds de notre être subsiste ce malaise né de ce simple fait, aujourd’hui avéré, que celui qui devait nous protéger, ne nous protège pas. C’est un peu comme le père qui lâche la main de son fils au moment du danger. Nous n’avons plus confiance. Alors nous attendons. 

11:01 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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