29/07/2013

LA DISGRÂCE DU VICE ROI ou LA FIN D'UN CONTE IMMORAL 4

4ème épisode : Une vie de rêve

La mise au point du stratagème ne demandait que quelques complicités qu’ils purent facilement dénicher parmi les relations que le vice-roi s’était faites dans le milieu interlope de la nuit et des jeux.

Pour cela rien de plus simple « l’intolérable » fit appel à des complices de mauvais coups, ceux qui, déjà installés sur place avaient toutes les relations locales indispensables pour favoriser les penchants du vice-roi. Ils avaient carte blanche pour dénicher ce qu’il y avait de mieux sans considération de prix.

On trouva au vice-roi un magnifique Riad où l’eau coule en permanence d’une fontaine pour enchanter ses moments de repos. La fontaine était au centre d’un magnifique patio servant de point de communication entre toutes les pièces de l’habitation où il ne faisait jamais ni trop chaud ni trop frais, où l’on respirait la menthe et la fleur d’oranger et où les invitées du vice-roi se promenaient presque nues sous les ombrages des bougainvillées.

Le vice-roi crut être au paradis et se laissa aller de plus en plus souvent à un interminable farniente que rien ne pouvait interrompre, et surtout pas l’envie de revenir dans la principauté.

D’ailleurs, là-bas, il n’aurait bientôt plus rien à y faire. Le roi son voisin avait pris les rênes, s’était débarrassé de tous les personnages de la principauté jusqu’alors chargés de gérer les questions maritimes et portuaires pour les remplacer par des fidèles du royaume, assistés de services puissants et peu regardants sur les méthodes employées. Et, pour les affaires intérieures, ses deux fidèles suffisaient largement à la manœuvre. Il découvrit alors le bonheur de ne rien faire dans un univers dépourvu de toute contrainte où seul compte le confort de son occupant.

La vie se déroulait ainsi, de thés à la menthe accompagnés de cornes de gazelle, en tagines et couscous arrosés de vins capiteux, de bains relaxants dans des jacuzzis, en parties de golf escortées par des caddies aux aguets, de délicieuses confidences sur l’oreiller en  soirées plus tapageuses où l’alcool coulait à flots, sans que rien ne vînt troubler la quiétude du vice-roi.

A suivre....

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22/07/2013

LA DISGRÂCE DU VICE ROI ou LA FIN D'UN CONTE IMMORAL 3

3ème épisode : Le choix des séides

La situation se détériora alors très vite entre le vice-roi et ses sujets. Incapable de comprendre pourquoi on lui en voulait tant, à lui qui n’avait jamais fait de mal à personne en s’appliquant à vivre comme un royal désœuvré, le vice-roi s’entoura de personnages chargés de ramener tous ses sujets à la raison.

Deux d’entre eux furent dotés des plus grands pouvoirs. Ils bénéficiaient à cet effet de sortes de lettres de cachet leur permettant de menacer, de contraindre par la force et de réprimer tous ceux qui étaient censés s’opposer à la volonté du vice-roi. Et comme le vice-roi n’exprimait jamais aucune volonté, c’était encore plus simple pour lui prêter toutes les volontés que la soif de pouvoir avait instillées à ses séides.

L’un des deux était particulièrement intolérant et aux yeux du peuple, intolérable. Il se rendait chez les gens, les convoquait, exigeait d’eux une soumission totale contre la promesse d’une protection renforcée au moyen d’une organisation dotée d’une méthode spéciale qui devait faire fureur sous d’autres cieux sous le nom de mafia.

La vénalité et la corruption, mais aussi la crainte avaient pris le pouvoir sans que personne ne puisse contrôler les agissements de « l’intolérable ».

L’autre, qu’on avait fini par prendre en grippe, se chargeait de faire connaître au peuple les bienfaits dispensés par le vice-roi. Il nommait cela « la communication ». Bien entendu, la communication relayait les mensonges des séides du vice-roi, tenus, une fois publiés, comme la vérité du pouvoir que personne ne pouvait mettre en doute au risque de passer sous les fourches caudines du premier.

Les deux personnages se détestaient cordialement. Cette situation ne résultait pas d’une particulière habileté du vice-roi. Seulement le résultat de son incurie. Mais la situation ne lui déplaisait pas et l’amusait plutôt. Voir ses deux « ministres » rivaliser de ruses et de vice pour lui assurer une paix royale comblait tous ses rêves d’oisiveté.

Mais les deux compères n’étaient pas au bout de leur peine. La tâche était de plus en plus difficile car le peuple grondait. Et il fallait bien préserver le vice-roi du tumulte tout en continuant à bénéficier des prébendes du pouvoir, ce qui se révélait de plus en plus compliqué.

Ils imaginèrent donc alors d’éloigner le vice-roi pour assurer pleinement leur pouvoir sur le peuple. Ils amenèrent ainsi le vice-roi, rompu à tous les genres de plaisir, à s’intéresser au continent africain qui regorge de raffinement et de savoir vivre plus enviables qu’aucun occidental ne puisse en rêver. La civilisation du hammam dans un cadre enchanteur, au milieu des palmeraies, avait de quoi séduire le vice-roi qui pourrait ainsi jouir du luxe de plaisirs surannés. 

A suivre.....

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15/07/2013

LA DISGRÂCE DU VICE ROI ou LA FIN D'UN CONTE IMMORAL 2

2ème épisode : Un voisin encombrant

Le roi voisin était une sorte de Gargantua grand dévoreur de plaisirs mais dont l’esprit constamment en éveil ne lui faisait pas perdre de vue la ligne expansionniste et impérialiste qu’il s’était tracé : faire du petit prince un vassal à sa botte. Le danger était à présent imminent car le roi n’allait pas laisser passer l’occasion du changement de pouvoir dans la principauté pour atteindre son objectif. D’autant que la principauté bénéficiait d’une richesse naturelle inaccessible au royaume : l’accès à la mer, vecteur de toutes ses ambitions. Il était donc urgent d’agir, c’est-à-dire temps de séduire le vice-roi, de lui offrir quelques prébendes et de s’acheter ainsi à peu de frais un nouveau territoire capable de modifier en profondeur l’influence du royaume.

Bref, la sainte patronne avait du pain sur la planche et si elle semblait sourire à l’avenir de la principauté dotée d’un vice-roi apparemment peu agressif, elle se préparait sans doute à de gros déboires avec un protégé qui allait se révéler lâche, hypocrite et intéressé.

Le vice-roi ne vit pas venir le coup. Il s’en moquait d’ailleurs éperdument Le roi voisin lui promit monts et merveilles, mais surtout de l’argent, une place de chancelier du royaume, agrandi du territoire de la principauté, avec les émoluments qui vont avec et l’honneur attaché à cette nouvelle fonction dans un royaume digne de ce nom. Mais il fallait pour cela abandonner toute autorité sur la mer et sur le port. Et comme tout cela ennuyait profondément le vice-roi, le roi voisin n’eut aucun mal à le convaincre. Le vice-roi aimait l’argent et les plaisirs qu’il procure. Il n’hésita pas et conclut un accord avec son puissant voisin : remise du pouvoir sur la principauté contre un titre et de l’argent afin de le délivrer de toutes les contraintes du pouvoir.

 Dès lors l’avenir était tracé. La principauté, sans aucune autonomie, allait finir d’exister en tant que telle, absorbée par le royaume. Et les sujets de la principauté se retrouvèrent sans voix, sans possibilité d’expression avec, pour les diriger, un vice-roi chancelier aux ordres du grand et gros voisin.

A suivre......

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