22/07/2013

LA DISGRÂCE DU VICE ROI ou LA FIN D'UN CONTE IMMORAL 3

3ème épisode : Le choix des séides

La situation se détériora alors très vite entre le vice-roi et ses sujets. Incapable de comprendre pourquoi on lui en voulait tant, à lui qui n’avait jamais fait de mal à personne en s’appliquant à vivre comme un royal désœuvré, le vice-roi s’entoura de personnages chargés de ramener tous ses sujets à la raison.

Deux d’entre eux furent dotés des plus grands pouvoirs. Ils bénéficiaient à cet effet de sortes de lettres de cachet leur permettant de menacer, de contraindre par la force et de réprimer tous ceux qui étaient censés s’opposer à la volonté du vice-roi. Et comme le vice-roi n’exprimait jamais aucune volonté, c’était encore plus simple pour lui prêter toutes les volontés que la soif de pouvoir avait instillées à ses séides.

L’un des deux était particulièrement intolérant et aux yeux du peuple, intolérable. Il se rendait chez les gens, les convoquait, exigeait d’eux une soumission totale contre la promesse d’une protection renforcée au moyen d’une organisation dotée d’une méthode spéciale qui devait faire fureur sous d’autres cieux sous le nom de mafia.

La vénalité et la corruption, mais aussi la crainte avaient pris le pouvoir sans que personne ne puisse contrôler les agissements de « l’intolérable ».

L’autre, qu’on avait fini par prendre en grippe, se chargeait de faire connaître au peuple les bienfaits dispensés par le vice-roi. Il nommait cela « la communication ». Bien entendu, la communication relayait les mensonges des séides du vice-roi, tenus, une fois publiés, comme la vérité du pouvoir que personne ne pouvait mettre en doute au risque de passer sous les fourches caudines du premier.

Les deux personnages se détestaient cordialement. Cette situation ne résultait pas d’une particulière habileté du vice-roi. Seulement le résultat de son incurie. Mais la situation ne lui déplaisait pas et l’amusait plutôt. Voir ses deux « ministres » rivaliser de ruses et de vice pour lui assurer une paix royale comblait tous ses rêves d’oisiveté.

Mais les deux compères n’étaient pas au bout de leur peine. La tâche était de plus en plus difficile car le peuple grondait. Et il fallait bien préserver le vice-roi du tumulte tout en continuant à bénéficier des prébendes du pouvoir, ce qui se révélait de plus en plus compliqué.

Ils imaginèrent donc alors d’éloigner le vice-roi pour assurer pleinement leur pouvoir sur le peuple. Ils amenèrent ainsi le vice-roi, rompu à tous les genres de plaisir, à s’intéresser au continent africain qui regorge de raffinement et de savoir vivre plus enviables qu’aucun occidental ne puisse en rêver. La civilisation du hammam dans un cadre enchanteur, au milieu des palmeraies, avait de quoi séduire le vice-roi qui pourrait ainsi jouir du luxe de plaisirs surannés. 

A suivre.....

00:00 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

était-ce bien un vice-roi ou un roi bourrait de vices ?

Écrit par : CAMELIO Jean-Louis | 22/07/2013

Les commentaires sont fermés.