19/08/2013

LA DISGRÂCE DU VICE ROI ou LA FIN D'UN CONTE IMMORAL

7ème épisode : Retour en principauté

Le plus gênant pour le vice-roi était ses liens avec tous ces gens-là. Chacun savait ici comme là-bas, qu’il sortait habituellement avec cette sorte de gens que tout le monde connaît comme étant des voyous. C’est cette proximité que l’on n’allait pas manquer de lui reprocher ou, en tout cas, qui allait faire tâche.

D’un côté de l’océan, il était un vice-roi dépravé, et de l’autre un riche ressortissant lié à la canaille. Tout cela ne faisait pas bon genre. Malgré les appels au calme de « l’intolérable », le vice-roi sentait bien le sol se dérober sous ses pieds. Il en oublia le décor de rêve dans lequel il vivait et recommença à boire exagérément en espérant ainsi oublier tous ses soucis. Mais comme ils s’imposaient à lui, il buvait d’autant plus.

Il changea d’apparence. Il se boursoufla. Ses yeux se marquèrent de cernes profonds. Son regard devint vague. Il s’exprima encore moins qu’à l’habitude et finit par rester couché, tout seul sans regarder ni le ciel ni les arbres, sans écouter ni les oiseaux ni le bruit de la fontaine du patio, sans autre compagnie que sa profonde mélancolie.

C’est « l’intolérable » qui le sortit de sa torpeur. La situation en principauté devenait critique. Le système mis en place par les hommes de main du vice-roi avait trouvé ses limites. On les fuyait, les gens se taisaient, faisaient bonne figure au pouvoir en espérant s’en débarrasser au plus tôt. Plus personne ne dirigeait rien. L’administration allait à vau l’eau et les pires rumeurs circulaient sur le compte du vice-roi. Conscient de la situation le communicant en grippe du peuple tentait de donner des explications sur l’absence du vice-roi – on le disait en déplacement pour le compte de la principauté auprès des organes de la communauté européenne – mais rien n’y faisait. Les séides n’avaient plus la main, le vice-roi était absent et le peuple grondait. Il en fallait peu pour qu’une étincelle déclenche une insurrection.

Il fallait donc que le vice-roi revînt en principauté, au moins pour se montrer et calmer la fureur populaire.

La communication annonça son retour. « L’intolérable » alla le chercher pour parer à toute éventualité. Il savait bien qu’en le laissant aller sur sa pente naturelle, le résultat ne serait pas brillant. Le spectacle qu’il découvrit au Riad le stupéfia. Il fallait rendre au vice-roi un semblant de bien-être ou l’effet serait désastreux, pire que son absence. « L’intolérable » s’y employa durant plusieurs jours puis fit annoncer son retour à grands renforts de publicité avec à la clef quelque déclaration bien sentie sur la place de la principauté dans le « concert européen », sans doute à l’adresse du roi son voisin auquel il ne donnerait cependant pas le change. Ce dernier avait coutume de dire, en réponse à ces rodomontades : «  chante cocotte ! ». Quant au peuple de la principauté, il se moquait bien des déclarations de son vice-roi. Il voulait des actes : mieux vivre, obtenir la transparence des comptes de la principauté, en finir avec les copinages et retrouver un peu d’ordre dans la maison où tout était sens dessus dessous.

A suivre......

 

00:00 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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