05/08/2013

LA DISGRÂCE DU VICE ROI ou LA FIN D'UN CONTE IMMORAL 5

5ème épisode : une affaire de fausse monnaie

Jusqu’au jour où il fut brutalement réveillé en milieu de matinée par des policiers descendus de la capitale du royaume alaouite pour opérer dans ce paradis sur terre, une perquisition ordonnée par le juge local.

Le vice-roi, encore abruti de sommeil, ne put proférer un son. Les filles, avec de petits cris stridents, s’égaillèrent comme des oiseaux dans le Riad et les policiers firent irruption dans le patio pour procéder, à partir de la position centrale, à une fouille en règle de la demeure du vice-roi, toujours interloqué sur le seuil de sa chambre.

Les policiers ne révélèrent à personne ce qu’ils cherchaient. Personne d’ailleurs ne le leur demanda tant la stupéfaction des occupants était grande. Mais manifestement, ils recherchaient dans tous les tiroirs des meubles et dans tous les coffres de l’habitation, des liasses de papiers qui auraient pu être des documents secrets, des estampes précieuses ou des billets de banque. De documents secrets, il n’en possédait sûrement pas. Il laissait à « l’intolérable » le soin de régler les dossiers confidentiels. D’estampes, il n’en conservait pas là, les seules qu’il possédât, étaient en lieu sûr dans la principauté. Quant aux billets de banque, il n’avait que le nécessaire, quelques centaines de milliers d’euros en liquide, rien de significatif à ses yeux. Aucune explication ne lui fut donnée ce jour là par personne.

Le vice-roi ne savait plus quoi faire. Fallait-il partir et rejoindre la principauté ou rester et attendre les explications qui n’allaient pas manquer de lui être fournies, ou encore demander à ses fidèles les renseignements ou même les conseils qu’ils pourraient lui donner. C’était sans doute la chose à faire puisqu’il avait pris l’habitude de s’en remettre à eux et à eux seuls.

Il décida alors de téléphoner à la principauté qu’il eut quelque peine à obtenir mais parvint à correspondre avec « l’intolérable » seul capable de comprendre son désarroi et de calmer ses craintes.

Et c’est ce qu’il fit. « L’intolérable » lui parla d’une sombre affaire de fausse monnaie qui venait de lui revenir aux oreilles et dont sans doute un individu mal intentionné avait voulu se décharger sur une personnalité irréprochable. Le vice-roi n’avait surtout pas à se faire de souci pour cela. La perquisition n’avait évidemment pour but que de le blanchir en démontrant sa complète innocence.

C’était même un bien d’après lui puisque cette procédure allait à coup sûr faire taire des rumeurs qui ne manqueraient pas autrement de l’éclabousser. Bref, il valait mieux que le vice-roi reste là où il était, qu’il oublie cette vilaine affaire et qu’il le laisse faire pour gérer la suite des opérations. Rasséréné le vice-roi raccrocha, souffla et alla prendre son bain relaxant.

A suivre......

00:00 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Histoire De Faussaires ( Georges Brassens )

Se découpant sur champ d'azur
La ferme était fausse bien sûr,
Et le chaume servant de toit
Synthétique comme il se doit.

Au bout d'une allée de faux buis,
On apercevait un faux puits
Du fond duquel la vérité
N'avait jamais dû remonter.

Et la maîtresse de céans
Dans un habit, ma foi, seyant
De fermière de comédie
A ma rencontre descendit,
Et mon petit bouquet, soudain,
Parut terne dans ce jardin
Près des massifs de fausses fleurs
Offrant les plus vives couleurs.

Ayant foulé le faux gazon,
Je la suivis dans la maison
Où brillait sans se consumer
Un genre de feu sans fumée.

Face au faux buffet Henri deux,
Alignés sur les rayons de
La bibliothèque en faux bois,
Faux bouquins achetés au poids.

Faux Aubusson, fausses armures,
Faux tableaux de maîtres au mur,
Fausses perles et faux bijoux
Faux grains de beauté sur les joues,
Faux ongles au bout des menottes,
Piano jouant des fausses notes
Avec des touches ne devant
Pas leur ivoire aux éléphants.

Aux lueurs des fausses chandelles
Enlevant ses fausses dentelles,
Elle a dit, mais ce n'était pas
Sûr, tu es mon premier faux pas.

Fausse vierge, fausse pudeur,
Fausse fièvre, simulateurs,
Ces anges artificiels
Venus d'un faux septième ciel.

La seule chose un peu sincère
Dans cette histoire de faussaire
Et contre laquelle il ne faut
Peut-être pas s'inscrire en faux,
C'est mon penchant pour elle et mon
Gros point du côté du poumon
Quand amoureuse elle tomba
D'un vrai marquis de Carabas.

En l'occurrence Cupidon
Se conduisit en faux-jeton,
En véritable faux témoin,
Et Vénus aussi, néanmoins
Ce serait sans doute mentir
Par omission de ne pas dire
Que je leur dois quand même une heure
Authentique de vrai bonheur.

Écrit par : CAMELIO jean-Louis | 08/08/2013

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