24/06/2013

TOLERANCE ET VIE MUNICIPALE

Je suis de cette génération qui, en apprenant que le mur de Berlin était tombé, a cru non seulement que l’on en avait fini avec les pactes internationaux de la guerre froide : OTAN et Pacte de Varsovie, mais aussi et surtout avec l'horrible système de la délation, mal endémique de tout régime totalitaire.

Je me suis évidemment trompé.

Quelques années auparavant, en visite au Liban auprès des Chrétiens malmenés, j’avais découvert, en voyant les églises détruites, que « La tolérance de l’intolérance sonnait la fin de la tolérance ».

Peu de rapports entre les deux événements sinon que, dans les deux cas, il s’agit de déjouer l’abus de pouvoir du fort qui utilise toujours la peur qu'il inspire au faible comme arme de dissuasion. La liberté de pensée dépend de ce rapport de force.

La pratique du pouvoir, dans la majorité comme dans l'opposition, ne m’a jamais oté la conviction qu'il était indispensable de respecter fondamentalement l’opinion de mes adversaires, sans pour autant l’épouser et en continuant même à la combattre avec la dernière énergie. Car la tolérance ne saurait s’assimiler à la faiblesse des convictions.

Il faut défendre ses convictions jusqu’au bout et les rendre publiques tout en se battant, comme l'exprimait Voltaire, pour que ses adversaires conservent toujours la liberté d’en faire autant.

C’est ce que je viens d’écrire à l’un de mes anciens conseillers municipaux qui, parce qu’il a décidé de soutenir le maire en place, estime qu’il lui est impossible d’exposer les liens d’amitié qui nous unissent, voire même de s’afficher en ma présence. Et, à ce qu'on m'a dit, il ne serait pas le seul.

C’est en réalité, si j’ai bien compris ce qui m’a été rapporté, qu’il existe à Sète comme ailleurs sans doute, une forme de pouvoir abusif que ni la chute du mur de Berlin, ni les exactions terroristes, n’ont dissuadé d'inspirer la crainte à ceux qui se hasarderaient à manifester de la sympathie à son opposant. 

J’avoue en être encore sidéré. Car enfin la démocratie a tout de même fait de gros progrès dans nos pays de libertés. Adopter les pires dépravations des régimes totalitaires en fichant les personnes qui osent se rendre à une réunion publique tenue par un leader de l’opposition pour les menacer ensuite de rétorsions, en interdisant de fréquenter un établissement tenu par un opposant à peine de sanctions, en piratant les sites internet de ses opposants, en mutant des employés municipaux qui ont manifesté de la sympathie pour leur ancien patron ou en les mettant sur écoutes , constitue à l’évidence une aberration sans limite. Tout cela s'apparente à une sorte de régime de la terreur. Mais on ne peut plus agir ainsi.

A moins que, à l’instar de ce que j’ai vu faire en d’autres temps, ledit pouvoir se mette à distribuer les bulletins de vote à l’extérieur du bureau en dissuadant certains électeurs de passer par l’isoloir le jour du scrutin pour s’assurer de la conformité du vote au bulletin distribué… selon des méthodes encore en vigueur sous d'autres cieux. Mais, non, cela n'est plus possible aujourd'hui.

Toute manœuvre d’intimidation des électeurs est vouée à l’échec car la démocratie exige que l’électeur soit libéré de toute contrainte lorsqu’il se retrouve seul dans l’isoloir. C’est sa grandeur.

Je veux donc dire ici à tous ceux qui craignent tout du pouvoir en place que son intolérance inacceptable et que personne ne doit accepter, que l’on doit dénoncer et contre laquelle il faut se battre, sera impitoyablement sanctionnée par l’expression de la liberté qui a toujours fini par triompher.

C'est ce que va démontrer le Parti des Sétois.

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