17/06/2013

LES JOUTES, PATRIMOINE DU LANGUEDOC

Les joutes existent depuis que Sète est Sète, c’est-à-dire, depuis la fondation du port. Le rappeler pourrait sembler inutile ou superflu. Cette démarche semble cependant nécessaire à un moment où les excès de l’environnement des fêtes de la Saint Louis pourraient conduire à les discréditer.

Disons-le tout net : les animations qui accompagnent les joutes ne doivent pas aboutir à faire des tournois, et surtout du premier d’entre eux : le tournoi de la Saint Louis, des prétextes à orgies. Le fait que les services de police mobilisés pour assurer la sécurité des citoyens pendant les fêtes soient plus importants que ceux qui assurent la sécurité de la feria de Nîmes – elle-même touchée depuis longtemps par ces excès – est une aberration à laquelle il faut remédier d’urgence.

Et pour cela, il convient tout d’abord de connaître la cause de cette dérive.

C’est que l’on confond tout : le tournoi, la fête et les beuveries.

Le tournoi, c’est le patrimoine culturel du Languedoc-Roussillon et, spécialement, de la ville de Sète. Il doit perdurer, être encouragé et obtenir même ses lettres de noblesse.

La fête, c’est à la fois la réjouissance collective d’une ville qui célèbre son patrimoine et la célébration des vainqueurs des tournois par tous leurs participants : jouteurs et spectateurs. La liesse populaire a toujours été et restera un moment de communion collective nécessaire à toute société.

Les beuveries, ce sont les passe-temps de ceux qui trouvent dans les rassemblements autour d’un culte ancestral, le prétexte à assouvir leurs instincts primitifs.

C’est dit. Il n’y a rien de drôle, de typique ou de folklorique à rencontrer sur les quais et dans les rues de Sète des ivrognes avachis ou violents.

Les dérives de ces dernières années sont le résultat d’une politique qui, au lieu de magnifier le spectacle gratuit offert par les jouteurs, l’a déconsidéré en le ravalant au niveau de la violence, de l’addiction et de la plus extrême vulgarité.

Que la consommation y trouve son compte peut sans doute être une explication mais ne saurait constituer une excuse. C’est pourtant ce qui semble justifier cette pratique. Gardons-nous de confondre consumérisme et culture. On en arrive immanquablement à l’avilissement de la culture.

Il existe un moyen d’en finir avec un spectacle aussi affligeant que celui auquel il nous est donné d’assister chaque année : Réunir les Sétois autour d’un projet commun : le classement des joutes languedociennes au patrimoine immatériel  de l’UNESCO.

La notoriété obtenue à ce titre par les joutes languedociennes constituera le cahier des charges de la respectabilité à laquelle prétendent toutes les sociétés de joutes, navrées d'être aujourd’hui dépassées par l’abaissement des spectacles qui s’imposent à elles.

C’est parce que nous croyons que les Joutes Languedociennes constituent un patrimoine culturel inégalable dans notre région que nous voulons les faire respecter et les fêter dans le cadre d’une éthique  que chacun, à l’exception de ceux qui n’en ont jamais découvert la noblesse, se plaît à leur reconnaître.

Décidons, dès à présent, avec le Parti des Sétois, de lancer l’opération « Les Joutes à l’UNESCO ».

Ce sera la meilleure réponse à la bêtise primitive qui déconsidère notre ville.

Commentaires

Dans l'expression gauloise " de " faire la fête ", il y a des notions de chants, de danses et de ripailles bien arrosées.

La Saint-Louis à Sète est notre " fête nationale ", il serait fourbe de dire que l'on y a jamais bu, mais le boire était convivial et même si parfois certains exagéraient un peu, cela prêtait plutôt à rire.

Mais la différence est qu'elle traduisait dans le temps par une réunion familiale de tous les sétois amoureux de leur ville, de ses coutumes et de ses traditions.

La fête était embellie par les tournois de joute et surtout par celui du Lundi.

[ Il est navrant que les joutes soient dévalorisées et ne correspondent plus qu'à une exhibition folklorique servant seulement à agrandir la collection de photos et de films de quelques touristes pour leur soirées hivernales entre amis. La démonstration clownesque faîte dernièrement pour quelques dollars à la demande des croisiéristes américains en est un exemple frappant.

Peut-on voir là, la genèse de ce phénomène ainsi que par l'exclusion de ses valeurs et trophées de notre musée historique ? ]

De police, il y en avait nul besoin, un détachement de deux policiers en bicyclette était mobilisé pour encadrer la circulation devant et après chaque défilé des jouteurs.

Aujourd'hui une dérive de cette belle fête est évidente conséquence de la volonté du maire de la traduire par une immense " rave party ".

Les gens quand ils buvaient aller boire à l'intérieur des bistrots et le plus souvent devant le comptoir ce qui limitait mécaniquement par l'espace le nombre de participants. Chacun choisissant les cafés où ils avaient des atomes crochus et leurs amis, les incidents étaient limités.

En mettant des "comptoirs bars "à même la rue et en se servant de l'espace public comme d'une gigantesque discothèque à ciel ouvert, le maire a couper les structures auto-régulatrices d'une part et a attiré d'autre part une faune de barbares pour qui la drogue, les overdoses d'alcool, la violence sont religion.

Cette faune venue de tous les coins de l''Europe converge à Sète. Elle a déjà préparer sa " razzia " et arrive chez nous, déjà dans un état second , certains portent des gourdes dorsales initialement réservées aux randonneurs, remplies de boissons alcoolisées à fort degré, reliées à la bouche par un conduit, d'autres des bouteilles de soda de 1.5 l qu'ils ont vidé au trois quart et complétées par de l'alcool, le plus souvent du gin ou du whisky. Quant à la drogue, elle circule sous toutes ses formes, les " dealers " écoulant ces jours là une grosse partie de leurs stocks.

Que faire ?

Il faut recentrer tout cela et revenir à la joie de la fête sans en connaître les dérives.

Plusieurs solutions sont possibles qu'il serait trop long de développer ici.

Écrit par : CAMELIO Jean-Louis | 17/06/2013

je suis tout a fait d'accord avec le développement et les commentaires je parlerai juste de l'avenir pour les petits jouteurs qui défilent fier habillé de blanc suivant la tradition c'est jeunes ont au travers de leur culture des joutes des points de repere , des valeurs et un attachement a la ville ce qui fait aujourd'hui souvent défaut en France . alors oui aux joutes par tradition oui a la détente et aux spectacles mais non a la beuverie organisées .Comme je le disait nous n'avons pas la route du rhum nous avons les joutes et ne creont pas la route des pots et des ivrognes .

Écrit par : rasbora | 07/08/2013

ne perdez pas de vue que notre patrimoine viens d'étre bafoué par une personne qui a décidé de supprimer la salle des joutes du musée paul valéry
as t'on le droit de supprimer ce qui constitue une partie de la culture sétoise
ceci est une marque d'irrespect total pour les joutes et pour les jouteurs

Écrit par : galipo | 17/06/2013

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