27/05/2013

LE HOLDUP REGIONAL

Après s'être approprié le Palais consulaire, la Région vient de  s'approprier  les quais et les canaux de Sète avec la complicité des élus locaux, de la majorité comme de l’opposition, qui persistent dans leur erreur.

Les Sétois ne s’étaient pas rendu compte des conséquences que cette décision aurait sur leur vie quotidienne. Ils la mesurent aujourd’hui avec amertume.

Les barrières régionales, qui s'ajoutent aux protections normales du traité de Schengen, interdisent aux Sétois l’usage de certains quais. Il y en aura d’autres.

L’usage des canaux pour l’exercice de sports nautiques, quels qu’ils soient, y compris les joutes languedociennes, est soumis à autorisation de la Région.

Le choix d’un emplacement absurde pour l’implantation du nouveau port de plaisance est du ressort de la Région.

Les décisions technocratiques, méprisantes pour les Sétois se succèdent : « Enlevez votre bateau de son emplacement et mettez-le là où vous voulez. Nous n‘avons aucune place à vous proposer », « Payez votre redevance, sans attendre aucun service », « Nous allons dégager vos barques de joutes qui n’ont plus leur place dans le cadre » etc.

Comment peut-on prendre des décisions aussi stupides ? Simplement en étant déconnecté de la vie locale, en faisant prendre ces décisions par des technocrates aux ordres de quelques personnalités montpelliéraines n’ayant jamais affiché que mépris pour Sète et les Sétois et en utilisant les élus locaux – qui semblent s’en satisfaire –  comme des carpettes sur lesquelles on s’essuie les pieds.

Il faut constater que ceux qui décident ne peuvent se glorifier d’un passé maritime reluisant.

On se souvient de cette éphémère ligne en direction des Baléares sous pavillon de complaisance, lancée à grands renforts de publicité par le Conseil Régional, et liquidée dans les trois mois de sa création. On se souvient du fiasco de cette ligne sur l’Algérie, lancée également à grands renforts de subventions régionales, et abandonnée à peine inaugurée. N’est-ce pas à cette gabegie qu’il convient de mettre un terme ? C’est en tout cas ce que préconise la Chambre Régionale des Comptes dans son dernier rapport sur la gestion du Conseil Régional.

Dans ce prolongement la municipalité, surprise de ce qui lui arrive, essaie de reprendre pied sur le domaine maritime en faisant à son tour un holdup  sur le chantier de « La Plagette » et en expulsant les associations unies qui avaient décidé de l’utiliser comme base d’une nouvelle activité associative et touristique.

Et  tout cela n’est rien au regard de ce qui se prépare : la dépossession totale de la municipalité en matière d’aménagement urbain.

Le simple fait que la Région soit propriétaire de tous les bords à quais de la ville, interdit, de fait, toute action d’urbanisme économique, telle qu’une nouvelle distribution des plans d’eau.

Voilà la situation. C’est un fait.

On peut encore éviter le pire. Il faut pour cela une volonté de la population de se battre pour obtenir la gestion du port de Sète en respectant le droit du propriétaire tout  en exigeant qu’il remplisse ses obligations, en particulier ses obligations  d’entretien et de financement des infrastructures.

Tout cela est possible avec de la volonté, de la persévérance et l’esprit d’une équipe sétoise unie sur l’essentiel : l’esprit du Parti des Sétois.

20/05/2013

QUELLE CULTURE ?

A nouveau, un mot de culture, après un précédent billet du 25 Mars sur l’art contemporain.

Le Midi Libre a retenu de moi sa « phrase du jour » dans l’édition de Sète du 17 Mai. Pour ceux qui n’en auraient pas pris connaissance la citation est la suivante : « Accueillir des gens qui écoutent des poètes libanais sur des transats, ce n’est pas une priorité pour la ville. »

Cette affirmation, que j’assume en totalité, mérite un développement positif : Quelle culture proposer à une ville lorsque l’on est en charge des affaires municipales ?

La mission essentielle des élus consiste à participer à l’éveil culturel des jeunes générations dont ils ont la charge et à satisfaire la demande de leurs concitoyens.

C’est dans ce contexte que les efforts prioritaires doivent porter sur la pédagogie et sur la diffusion culturelle des arts et des disciplines majeures.

Le conservatoire est l’outil approprié qui permet à toutes les couches de la société d’avoir accès aux disciplines de l’art vivant (musique et art dramatique – la danse ayant toujours eu une place à part), qui pourraient être négligées dans le contexte familial d’origine.

Les médiathèques sont les outils appropriés qui permettent d’avoir recours à tous les moyens éditoriaux : lecture, audio et films ainsi que les consultations internet pour avoir accès  aux connaissances fondamentales permettant de construire une pensée libre.

Les musées et centre d’art sont les outils appropriés permettant à chacun de connaître la vision qu’offrent les artistes du monde dans lequel ils vivent ou dans lequel ils ont vécu. Ils permettent d’éveiller les enfants au miracle de l’art graphique qui, depuis que le monde est monde, a été le moyen d’expression privilégié de l’homme.

Les écoles d'art et ateliers d'artistes sont les outils appropriés pour faire éclore les nouveaux talents.

Le théâtre est l’outil approprié qui permet à chacun de découvrir l’expression des arts vivants dans toutes leurs dimensions, y compris géographiques.

A côté de cette mission fondamentale, les collectivités ont pris l’habitude d’utiliser la culture comme moyen de rayonnement de la cité ou de la région en organisant des festivals. Rien ne s’y oppose. A condition toutefois que leurs choix soient judicieux et que ce rayonnement s’accompagne d’un intérêt économique pour la collectivité qui s’engage dans le financement de l'entreprise.

La valorisation des personnalités incontestables du monde artistique et culturel de la cité doit constituer l’objectif principal des élus. C’est ce qui se fait en général à juste titre.

La découverte des cultures étrangères à notre civilisation étant du domaine de la pédagogie citée plus haut, elle ne doit donner lieu à des dépenses budgétaires municipales de prestige que liée à d’autres projets susceptibles d’offrir en compensation des ressources financières ou de compensation (comme dans les jumelages) qui lui soient liées.

Dans une période où la mission essentielle des élus est de veiller à employer chaque euro payé par le contribuable au mieux de la satisfaction des intérêts de ce dernier, il apparaît donc que certaines initiatives peuvent sembler choquantes et au moins inopportunes.

00:00 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | |

13/05/2013

LE COUCOU SILENCIEUX

 

Aimez-vous le chant du coucou ? De grands compositeurs de musique l’ont célébré : Haendel, Couperin, Rameau, Haydn, Beethoven, Louis-Claude Daquin (dont se souviennent tous les apprentis pianistes) et tant d’autres. Il marque le retour du printemps. C’est le chant du renouveau.

Le coucou chante pour faire connaître à  la gent ailée dont il a investi le nid qu’il a pris place et qu’elle peut venir le rejoindre tandis que le mâle est parti….

Beaucoup de coucous prennent leurs aises dans le nid des autres, enfilent les pantoufles de l’absent, font des câlins à leur hôtesse et profitent du logis, du clos et du couvert. Mais le coucou chanteur est rare. C’est ce qui fait son prix. Il cherche très souvent à se dissimuler derrière un confortable anonymat qui lui permet de rester le plus longtemps possible, à l’abri des critiques, squatter non déclaré dans un hôtel de luxe.

Mais un coucou muet peut devenir cocu si le mari cocu revient à l’improviste. Surtout si son silence avait laissé la belle dans l’ignorance de ses vœux.

Le coucou devenu cocu ne peut du coup se moquer du cocu et sera expulsé avant consommation.


La Belle et le Coucou


« Un coucou s’était installé

Dans le nid d’une belle oiselle.

Il avait pris ses aises et attendait, muet

Qu’un bienheureux hasard amène à tire d’aile

De son plus cher désir, le sémillant objet.

Il s’était ainsi bien calé.

 

Mais au lieu de l’oiselle, il vit venir le mâle.

Sauve qui peut à bord. Fuyons, sans crier gare.

Cherchons un autre nid sans créer de bagarre

Et, qui sait, une autre cavale ?

 

Le coucou doit chanter pour attirer la belle

Je connais des coucous muets

Qui croient que le silence est leur meilleur apprêt.

Ils me semblent un peu prétentieux.

Pour espérer gagner le jeu,

Le coucou doit être rebelle. »

00:00 Écrit par MARCHAND-Yves | Tags : élections municipales sète, coucou | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | |