18/03/2013

Légalité n’est pas Justice

Chaque citoyen est en droit de s’interroger sur la façon dont il est traité par la collectivité à laquelle, en vertu du « contrat social », il a implicitement délégué une partie de son autonomie.

Si le citoyen s’estime presque toujours lésé dans sa vie quotidienne, c’est que la part captée par la société lui semble démesurée par rapport à ce qui lui reste de liberté individuelle. Ce constat, chacun peut le faire tous les jours. Qu’il s’agisse des prélèvements fiscaux de l’Etat ou des collectivités qui n’offrent que des résultats infimes par rapport aux sommes dépensées – que l’on peut qualifier de gabegie –, de l’attitude des services fiscaux à l’égard des particuliers – qui s’apparente à la suspicion – des conditions de la circulation automobile – que l’on peut qualifier de harcèlement – ,des restrictions de la liberté de pensée – au nom du politiquement correct, tout concourt à entraîner le citoyen vers une contestation permanente du « pouvoir » où qu’il se trouve –  Etat ou collectivités locales – et à en faire un continuel mécontent. Tout cela est légal puisque couvert par la loi. Est-ce pour autant juste ?

L’exemple le plus criant de ce mal-être nous est fourni à Sète par l’attitude des pouvoirs publics à l’égard des pêcheurs: chalutiers et thoniers.

De quoi s’agit-il ?

Au départ, le sentiment général que la ressource est illimitée. Et, par conséquent, la volonté des professionnels de s’équiper d’une force de pêche susceptible de leur offrir la richesse grâce à l’aide de l’Etat pour financer leurs navires.

Très vite, apparition de comportements délictueux nuisibles à la ressource et disparition des espèces, sans réaction réelle de l’Etat qui continue à payer malgré sa connaissance des faits délictueux.

Enfin, et à contretemps, après une période laxiste inexplicable, interdictions brutales de pêche réduisant à la ruine des familles entières endettées et privées des moyens de rembourser leurs dettes et de  toute reconversion.

Les lois de financement des bateaux étaient injustes car tellement favorables à la profession qu’elles en arrivaient à laisser croire à l’emprunteur que l’investissement était gratuit.

La loi d’encadrement de la pêche était injuste car elle favorisait le fraudeur contre le professionnel respectueux des textes.

La loi sur les quotas a fini par rendre la fraude légale en laissant les fraudeurs agir et s’enrichir là où il n’y avait pas de contrôle possible tout en imposant sous contrôle strict aux professionnels réguliers des prises  limitées dans un temps restreint. Ce qui n'empêchait cette même faune d'être pillée quelques milles plus loin !

Et le comble de l’incohérence consiste à présent à interdire aux petits métiers la pêche aux thons sous la pression de ceux qui ont pillé les fonds !

Nous savons bien qu’il ne faut pas confondre Loi et Morale. Mais nous savons que lorsque la loi s’éloigne de la morale communément admise, c’est la loi qui est contestable et qui doit être contestée car elle révèle son injustice.

La loi injuste est génératrice d’anarchie et de révolte.

Commentaires

M. Marchand,

Je suis tout à fait en osmose avec vous sur cette analyse, claire et précise.

Dans le domaine de la pêche, ma famille, mes amis et des gens que je respectent au plus au point pour leur métier [le métier de mes aïeux pêcheurs ou dockers qui ont construit Sète et fait de ce port ce qu'il a été et ce qu'il devrait encore être], métier qui est pour la dureté comparable aux mineurs de fond, je n'oublie jamais que c'est un ancêtre CAMELIO qui a inventé le chalut moderne contre une autre invention anglaise moins performante qu'il a annihilé ce qui a eu pour conséquence de pourvoir trainer le filet avec un seul bateau au lieu de deux (ref museée de la mer de La Rochelle), donc je suis un défendeur incontionnel de la pêche et des pêcheurs sétois.

En effet des technocrates et fonctionnaires européens, des élus français de tout bord par leur incompétence, ont tué la ressource en méditerranée, tué la pêche sétoise et tous les métiers annexes de cette chaîne économique.

Je m'explique, en donnant des subventions, en laissant endetté les pêcheurs à des taux à la limite de l'usurier au crédit maritime avec hypothèque de leur bien privé et de leur habitation principale, en plus de la sur-puissance de pêche, il les ont poussé à pêcher de plus en plus, pour rembourser leur crédits, et les nouveaux crédits pour l'entretien et les changements du matériel et les changement des moteurs par exemple.

Les pousses au crime de Bruxelles (un pêcheur c'est suicidé ne pouvant rembourser ses dettes) après cet exploit de fonctionnaires irresponsables, maintenant font donner des primes pour casser les bateaux qui sont quasiment. Le tout à l'aller et au retour au frais du contribuable européen. Quand on sait l'amour qu'a un marin pour ce bateau le crime est doublé d'un crime sentimental.

Et je dis sérieusement sans faire de jeu de mot cette fois ci, ce que nous disions avant en rigolant, : " Pauvres pêcheurs priez pour eux"

Étonnant ! Non ?

Écrit par : CAMELIO Jean-Louis | 18/03/2013

Y.Marchand :"...Les lois de financement des bateaux étaient injustes car tellement favorables à la profession qu’elles en arrivaient à laisser croire à l’emprunteur que l’investissement était gratuit....."

J.L.Camelio :"....Je m'explique, en donnant des subventions, en laissant endetté les pêcheurs à des taux à la limite de l'usurier au crédit maritime ....."


Je ne sais qui croire ?

Écrit par : marion | 18/03/2013

Pourtant simple: c'est gratuit tant qu'on travaille en surpêche. C'est cher dès que l'on restreint les droits de pêche et qu'il faut rembourser.Alors même des taux bas apparaissent comme usuraires.
Mais, vous aviez évidemment compris.

Écrit par : Yves Marchand | 18/03/2013

Les deux, les deux raisonnements sont dans la même logique et sont loin d'être contradictoire, pour celui ou celle qui a bien compris.

Puisque la subvention correspondait à environ 1/3 de la valeur du bateau, pour le reste 1/3 venait des fonds propres du pêcheur et 1/3 de son crédit (le plus souvent au crédit maritime).

Comme je l'ai écrit supra, des crédits complémentaires amortissables sur plusieurs années suivant les règles de la comptabilité commerciale, pour l'entretien général du bateau, les pannes occasionnelles et surtout le changement du moteur, de l'inverseur, des treuils, des filets etc... venaient s'ajouter au crédit initial.

Je comprends que cela ne soit pas clair pour toute personne étrangère au monde de la mer et des ports de pêche et de commerce. Mais pour nous sétois cela est évident.

Étonnant ! Non ?

Écrit par : CAMELIO Jean-Louis | 18/03/2013

Les emprunts , les taux de ces emprunts , les amortissements des immobilisations , les nécessaires dépenses d'entretien ne sont pas réservés au monde de la pêche. il en est ainsi pour toutes les entreprises. Ce n'est pas une nouveauté.
Par contre ce qui est "nouveau" c'est ce passage aussi rapide d'un taux dénoncé tout d'abord comme quasiment gratuit , puis comme usuraire .

Écrit par : marion | 18/03/2013

Madame Devineau,

J'arrête là, le débat est stérile. Il faut d'abord connaître le monde de la mer, celui plus spécifique qu'est le monde de la pêche qui est souvent autant que le droit anglo-saxon, coutumier et fait force de loi, les mécanismes interventionnistes européens, ce qu'est le Crédit Maritime et qui le gère, les règles de gestion de la comptabilité commerciale et si vous êtes resté sur "le plan comptable de 1957" il faudra réviser votre copie, et nous pourrons alors avoir un débat constructif et non intuitif et non sur les bases d'informations provenant des médias qui sont dans tout les domaines et à 99 % fausses, incomplètes ou erronées. Elles ne sont là que pour faire le scoop et vendre sous les fourches caudines de la pub, du papier, de "l'information" radiophonique ou télévisé" en ciblant la ménagère de moins de 50 ans.

Étonnant ! Non

Écrit par : CAMELIO Jean-Louis | 19/03/2013

Il n'y a pas en effet pire sourde que celle qui ne veut pas entendre.

Écrit par : Yves Marchand | 19/03/2013

Je ne suis pas sourde , et je considère comme insultant ce genre de remarques .
Et en matière de chiffres je ne vous ai pas attendu pour savoir ce qu'un taux d'emprunt veut dire .
C'est un peu facile de traiter avec morgue son interlocuteur d'imbécile quand on est à court d'arguments concrets et plausibles.
Je laisse aux lecteurs de ce blog , le soin de juger par eux mêmes de la qualité de vos réponses.

Écrit par : marion | 19/03/2013

Heureusement qu'il y a M.Camelio.
Je cours vite prévenir mon cabinet de gestion que les règles de comptabilité qu'il utilise , tant pour moi que pour tous ses clients , ne sont plus valables.
Oh la la nous sommes passés à côté d'un désastre fiscal.
merci encore M.Camelio

Écrit par : marion | 19/03/2013

De rien Madame Devineau, il m'est toujours agréable d'être le serviteur de personne dans l'ignorance. C'est mon côté boy scout, toujours prêt pour améliorer les connaissance de ceux qui cherchent à savoir.

Étonnant ! Non !

Écrit par : CAMELIO Jean-Louis | 19/03/2013

Madame,

Soit vous continuez à débattre et à présenter vos arguments (qui même s'ils sont contestables sont tout de même construits et bien écrits), soit vous n'en faites rien mais s'il vous plait arrêtez de vous plaindre quant à d'éventuelles insultes. Vous ne pouvez pas commencer à poster des commentaires sur un ton polémique et après crier à l'insulte dès que la réponse est un peu "rude".

Je pense que vous avez suffisamment d'expérience politique pour savoir que les débats peuvent parfois être animés et ne nous faites pas croire que vous êtes outré pour une simple altercation de la sorte.
Vous dites souvent être incommodée par les attaques de Monsieur Camelio mais ça ne vous empêche pas de lui répondre à chaque fois. Ca prouve bien que vous devez tenir le coup.

Alors nous sommes prêts à lire vos arguments mais ne jouez pas un jeu, ça manque de crédibilité.

Bien à vous
Anthony Liguori

Écrit par : Anthony Liguori | 19/03/2013

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