25/02/2013

APRES MOI, LE DELUGE !

UN PEU D’HISTOIRE

Après moi le Déluge ! Ainsi s’exprimait Louis XV pour signifier combien il se moquait de ce qui pourrait survenir à la nation, après lui, lorsque le futur Louis XVI accèderait au trône de France.

Il faut dire que quelques années avant, sous l’autorité de Philippe d’Orléans, Régent libertin et corrompu, la France avait eu à subir la banqueroute organisée par ce pauvre John Law (prononcer Lass) qui avait ruiné tous les porteurs des nouveaux billets de banque, censés être convertibles en or, mais devenus monnaie de singe. La situation était lourdement compromise et le redressement mal aisé.

Il n’est jamais facile d’accepter des responsabilités lorsque la cigale a chanté tout l’été et que la fourmi renâcle à prêter.

 

LES IMPÔTS VONT AUGMENTER

Que l’on me comprenne bien, Sète de 2013 – tant s’en faut – n’est pas la France de 1720, à aucun titre, mais le « je m’en foutisme » des dirigeants peut revêtir quelques similitudes que la situation financière peut expliquer.

Le Conseil Municipal de Sète a adopté le budget 2013 en prétendant que les impôts n’augmenteraient pas. C’est évidemment faux. Car si les taux n’augmentent pas, la revalorisation annuelle des bases par l’Etat aboutit, historiquement, à une augmentation annuelle moyenne des impôts de 3.5%. 2013 ne fera pas exception à la règle. 2014, non plus.

Mais ce que l’opposition municipale a appelé à juste titre une bombe à retardement du fait d’une charge de la dette insupportable, va exploser en 2015 date à laquelle, si rien n’est fait pour diminuer auparavant les engagements de la ville, les taux devront être augmentés d’au moins 5%. Et de même en 2016, provoquant une augmentation des impôts locaux de près de 10% an.

 

DES VOEUX

Il n’est pas agréable de faire le prophète en n’annonçant que de mauvaises nouvelles. Je ne vois cependant pas de moyen de l’éviter pour que chacun prenne ses responsabilités : majorité, opposition et population.

La majorité doit renoncer à ses programmes dispendieux et inconséquents. Le temps de la démagogie et du clientélisme doit laisser la place au sens des responsabilités.

L’opposition doit se montrer précise en sortant de ses slogans préfabriqués pour dénoncer les errements qui conduisent les Sétois à la ruine ou la ville à la faillite pour 2015/2016.

La population, si les Sétois sont d’accord pour remettre de l’ordre dans la maison et remettre les choses à l’endroit – à savoir ne dépenser que l’argent que l’on a ou que l’on est capable de rembourser – devra faire le bon choix en 2014, c’est-à-dire choisir ceux qui diront courageusement quels efforts accomplir sur le plan local pour réduire le train de vie de la ville et faire les économies indispensables à une remise en ordre des comptes publics.

 

LE CONSTAT

Les premiers signes avant coureurs de l’orage qui s’annonce sont les roulements de tonnerre  en provenance des banques qui, parce qu’elles ont moins d’argent qu’il y a quelques années, choisissent leurs emprunteurs en fonction de leur solvabilité et qui déterminent les taux d’intérêt en fonction des risques qu’elles courent.

Sète n’est pas solvable et Sète présente des risques. On ne lui prête pas ou on lui prêtera de plus en plus cher.

Les seconds signes avant coureurs sont les premiers éclairs en provenance de l’Etat qui, parce qu’il n’a plus un sou, va réduire les dotations aux collectivités locales de façon extrêmement importante, privant la ville de Sète des ressources qui, jusqu’à présent, permettaient l’équilibre.

Les derniers signes avant coureurs sont les premières gouttes d’eau en provenance du marché immobilier qui, au lieu de donner l’enrichissement de la ville promis par les constructions neuves grâce à l’augmentation de la masse des taxes d’habitation et des taxes foncières, n’apporte rien de nouveau significatif depuis près de 20 ans.

 

LES INTERROGATIONS

Qui, devant cette situation, accepterait sans sourciller de laisser choisir pour réaliser un équipement public d’électricité une entreprise plus chère que sa concurrente de 10 millions d’euros, sans qu’aucun élu ne manifeste ne serait-ce qu’une interrogation sur un contrat qui doit s’étaler sur 25 ans ?

Qui, devant cette situation, accepterait sans sourciller la réalisation d’une folie architecturale d'un toît en forme de coquille d’huître sur les halles de Sète  à un prix faramineux ?

Qui, devant cette situation, accepterait sans sourciller d’augmenter des subventions locales d'agrément sur de l’argent que personne n’a plus ?

Qui, devant cette situation, accepterait sans sourciller de créer des emplois de connivence payés sur les impôts locaux déjà incapables d’assurer seuls la dépense des traitements ?

 

LES ENGAGEMENTS

Oui, j’ai dit qu’il fallait remettre les choses à l’endroit et dire ce qui ne va pas pour que ça aille mieux.

Oui, je dirai où il faut faire des économies pour réduire la contribution publique et rendre la ville compétitive.

Oui, je renonce à la démagogie du « placebo » qui fait mourir le malade.

Oui, je crois qu’il faut guérir Sète de sa neurasthénie et lui donner l’espoir de revivre.

18/02/2013

ICI ET AILLEURS

 

Je voudrais évoquer en quelques mots ce que l’on a coutume d’appeler « l’identité sétoise », non seulement pour témoigner de ce que je ressens au regard de cette particularité qui me colle à la peau mais aussi de ce que l’on peut ressentir à l’extérieur de cette population à forte personnalité et pourtant secrète.

 

Je voudrais retenir – sans pour cela en faire un jeu de mots supplémentaire à tous ceux qui s’appuient sur le nom de la ville de Sète – 7  critères de choix pour définir ce qui fait un vrai sétois. Quelle prétention, me dira-t-on de vouloir inscrire dans un moule ces gens qui, par définition, refusent le moule ? Admettons alors que ce paradoxe s’ajoutera comme la manifestation de cet esprit sétois dont je ne peux me défaire !

 

Mais peut-être, après tout, les critères d’appartenance ne sont-ils pas différents de ceux qui s’appliquent à tous ceux qui revendiquent une appartenance géographique. Ce sont seulement les contenus de ces critères qui définissent l’identité recherchée. Au fond il s’agirait tout simplement de passer du général au particulier, comme toujours, pour savoir pourquoi un Sétois n’est pas un Parisien !

 

1 – Pour chacun de nous, il existe un berceau. La mer est le berceau de Sète. De tous côtés, ou presque. Avec l’étang de Thau, berceau de l’ostréiculture, petite mer du Nord qui la raccroche au continent sans lequel aucune île ne peut survivre.

 

2 – Chacun de nous a besoin d’un espace. Le bord de l’eau est l’espace de Sète. Bord de l’eau naturel avec la plage, artificiel avec les quais : le rivage et le port. Et lorsque Saint Clair apparaît, c’est en plongeant dans la mer qu’il trouve sa stature. Saint Clair au bord de l’eau, au Sud comme au Nord, à l’Ouest comme à l’Est, visible aux quatre points, imposant sa présence à tous ceux qui l’approchent. Le mont saint Clair est la matrice des Sétois.

 

3 – De la nécessité de s’alimenter, les Sétois ont adopté la pêche comme activité de base et d’excellence. Et bien qu’elle ait changé, la pêche demeure et demeurera la source intangible de l’apport de la nature à l’homme. La pêche est dans la formule génétique de Sète.

 

4 – De la volonté de gagner en influence, les Sétois ont utilisé la mer pour commercer. Ils ont appris des Phéniciens les principes du commerce maritime et développé les échanges en Méditerranée. Le commerce maritime est la première conquête des Sétois dans leur ouverture au monde.

 

5 – De leur orgueil de préserver leurs acquis en affirmant leur force, à l’instar de ces tournois sur terre qui glorifient les vainqueurs devant un parterre de chevaliers, ils ont imaginé un tournoi original, sur l’eau où seul le vainqueur, parce qu’il aura résisté aux assauts des plus forts et des plus habiles, apparaîtra sec –  je veux dire, non mouillé     pour recevoir son trophée. Les joutes célèbrent le mariage de la terre et de l’eau.

 

6 –  De leurs ascendances continentales et méditerranéennes, ils ont créé les recettes adaptées à leur vie quotidienne et le plat traditionnel du dimanche issu des traditions populaires italiennes. La tielle a pris la place de la tourte de l’Aveyron et la macaronade  celle de la poule au pot d’Henri IV. Rien n’arrêtera l’adaptation et la traduction de ce savoir vivre avec les apports plus récents venus de la rive sud de la Méditerranée. La gastronomie locale s’inscrit sous le sceau de l’immigration.

 

7 –   Enfin de leur identité locale, ils ont créé la représentation originale rattachée à ces racines qu’ils portent comme une couronne : l’expression artistique. Ils arborent quelques figures de proue, dans la poésie, la chanson à texte ou l’expression libre qui affirment leur origine sétoise et que chacun reconnaît comme des Sétois. Et même si chacun d’eux est allé puiser ailleurs, là où il devait épanouir ses dons, de nouvelles sources d’inspiration, les figures sétoises de l’art et de la poésie ont imprimé à jamais la marque d’une ville de création.

 

Au terme de ce strict inventaire génétique de Sète et des Sétois, j’entends évidemment tous ceux qui s’étonneront de ne pas y retrouver l’industrie touristique qui devrait fonder notre avenir économique et sociologique.

 

C’est qu’il ne figure pas, à mes yeux, dans l’atavisme local bien que tous les éléments soient rassemblés pour qu’il y trouve sa place.

 

Chacune des qualités qui font l’originalité de Sète concourt à faire du tourisme la base des efforts à accomplir pour permettre aux Sétois d’ajouter une corde à leur arc : situation géographique, traditions populaires, ouverture sur le monde, assimilation des cultures, tout concourt à faire de Sète, pour autant que les Sétois le veuillent, le centre du rayonnement touristique de leur région.

 

On comprendrait mal que le Languedoc-Roussillon se prive d’une telle chance.

11/02/2013

LE FROMAGE DU RENARD

On a coutume de parler de la démagogie des élus. Parfois à tort et à travers, sans en examiner les ressorts. Et pourtant, à y regarder de près, la démagogie entraîne le harcèlement et tous deux  procèdent d’un système qui consiste d’abord à flatter un individu au prix de sa liberté, souvent, en contrepartie d’un avantage consenti ou à consentir, et de s’assurer ensuite de l’asservissement total du « bénéficiaire » de la démagogie.

La démagogie est pratiquée par celui qui a le pouvoir (le renard) et qui a choisi d’en abuser en flattant une personne - l'électeur -  dont il attend en retour la fidélité (le corbeau). La démagogie s’arrête rarement aux flatteries. Elle  constitue une introduction jusqu’au moment où l’électeur-corbeau cherchera le moyen de tirer avantage de ce rapport particulier : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute »

Toute la difficulté réside dans l’appréciation de l’abus de pouvoir et du « fromage »

Est-ce abuser du pouvoir :

-         d’accorder un logement à quelqu’un qui est mal ou pas logé,

-         un emploi à quelqu’un qui est au chômage,

-         ou un chantier à une entreprise en difficulté ?

Certainement pas. Il est évident que le détenteur du pouvoir, décide en dernier ressort. A ce titre, il peut toujours prétendre, à tort ou à raison, qu’il a agi en toute légalité en estimant la demande de son protégé plus justifiée que d’autres. La preuve de sa turpitude sera toujours extrêmement difficile à administrer. C’est l’opacité qui fait la force de la faveur. Mais la rumeur s’empare la plupart du temps de ce genre de sujets et finit par rendre transparentes les pratiques du pouvoir. Il suffit d’un peu de temps.

L’objectif du démagogue est évidemment de conserver le pouvoir en s’accordant par tous les moyens les bonnes grâces de celui dont la reconnaissance se traduira, au prix de sa liberté,  non seulement par un vote mais aussi par un dévouement intégral au prétendu « bienfaiteur ».

Et ce sont les contribuables qui feront les frais de la démagogie du flatteur dont le portefeuille électoral sera financé par les deniers publics.

Le renard-flatteur ne va cependant pas pouvoir s’arrêter à la simple opération de séduction. Il va devoir surveiller le flatté pour s’assurer que ce dernier n’aurait pas l’idée saugrenue de reprendre sa liberté. A quoi serviraient tous ses efforts de flagornerie et d’avantages particuliers si d’aventure le corbeau-électeur de la fable, après s’être essayé à chanter, s’envolait sous d’autres cieux pour voir dans les champs du voisin si l’herbe y est plus verte ?

Le renard-élu va d’abord resserrer l’étreinte pour pouvoir plus tard déguster tranquillement son fromage ! Il met alors en place un système de menaces et de délation qui n’aura pour seul objet que d’attacher par la force la fidélité du rétif qualifié d’ingrat.

Pourquoi dois-je aborder ce sujet aujourd’hui ? Je prie le lecteur de m’en excuser.  Ce n’est pas le caractère habituel de mes écrits. Mais j’ai reçu de nombreux messages qui me demandent avec inquiétude si mon discours rigoureux ne va pas se heurter à cette gangrène.

 

Ma réponse est simple :

 

-                              Comme je l’ai indiqué dès le début (cf. ma première interview en tête de ce blog), mon objectif n’est pas d’être réélu. Il est de passer le flambeau à une équipe renouvelée qui prendra en charge l’avenir de la ville.  Je n’ai donc pas à rechercher les moyens de me constituer un fonds de commerce électoral destiné à ma réélection.

-                              En second lieu je veux éveiller l’attention de ceux qui ont pu être faibles – sans me donner en quoi que ce soit le droit de les juger ou de juger ceux qui auraient pu les tenter – que leur liberté ne doit jamais être aliénée ni par les largesses ou les promesses d’un élu, ni par les menaces de ses sbires. La démocratie a ceci d’exemplaire qu’elle exige l’isoloir pour que le choix du citoyen soit totalement libre.

Je rends grâce au silence de l’isoloir et au secret des urnes qui maintiennent la démocratie dans les pays de liberté et je fais confiance aux citoyens pour qu’ils comprennent qu’en devenant les complices d’un pouvoir démagogue et harceleur, ils tuent eux-mêmes la démocratie qu’ils revendiquent.

 

(Toute référence à des faits révélés ou susceptibles de l’être ainsi qu’à des personnes ayant existé ou  pouvant exister, serait absolument fortuite)

08:00 Écrit par MARCHAND-Yves | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | |