26/12/2012

VOUS AVEZ DIT HOMOPHOBIE ?

 

Je viens de prendre connaissance dans le Midi Libre daté de Noël, bizarre de choisir Noël pour évoquer ce sujet – mais, après tout, la rédaction des journaux fait bien comme elle veut – du sondage réalisé par un collectif homosexuel pour classer sur le plan européen, ou mondial – excusez du peu – les réactions les plus homophobes de l’année. Et c’est le Pape qui décroche la médaille d’or tandis que le maire de Sète est sacré vice-champion.

 

Que Dieu, le Pape et les internautes de Yagg me pardonnent mais, au risque de surprendre un grand nombre de mes lecteurs, je ne crois pas que le maire soit homophobe. Je suis même sûr du contraire.

 

Je ne pense pas qu’il ait de véritables convictions et je pense qu’il ne s’intéresse vraiment qu’à ce qui lui rapporte. C’est ce qui résultait d’ailleurs de sa déclaration au journaliste qui l’interrogeait puisqu’il n’envisageait la question du mariage homosexuel que sous l’angle de « la couverture sociale »…

 

Rien à voir avec le Pape qui a placé cette affaire à un autre niveau – peut-être contestable – mais assurément digne de considération : celui de la pérennité de la famille. Et c’est faire beaucoup d’honneur au maire de Sète que de lui permettre ainsi d’accéder, avec des préoccupations aussi bassement matérialistes, à l’honneur de la deuxième place du podium face à une question de société aussi délicate et aussi controversée que celle qui va être incessamment posée à nos parlementaires.

 

En réalité, j’ai le sentiment que le maire de Sète a été surpris par à la question. Sa réponse n’est pas le fruit d’une réflexion approfondie – en a-t-il jamais eu sur un sujet de société ? – mais le piètre résultat de la réaction spontanée d’un professionnel utilitariste et d’une absence totale de maîtrise du langage. C’est manifestement par erreur, et sur une équivoque, qu’il a quitté la foule ordinaire pour flirter avec les sommets.

 

Je suis donc pour son pardon total avec dispense de peine et j’engage les internautes de Yagg à le faire bénéficier du même traitement en lui accordant les plus larges circonstances atténuantes. Certes, cette mesure de clémence l’amènera à abandonner sa médaille d’argent de l’homophobie, mais le ramènera aussi dans la société des gens qui ne s’embarrassent des problèmes des autres que si cela peut leur rapporter quelque chose. Ce sera juste conforme à sa nature profonde.

23/12/2012

Mystère aux Pierres Blanches

Mais que se passe-t-il aux « Pierres Blanches » ?

 

Pour les sétois de mon âge, les « Pierres Blanches » restent dans notre souvenir comme le jardin merveilleux où se sont éveillés nos premiers émois amoureux.

Pour ceux de la génération qui ont précédé, elles étaient supposées abriter, avec celle du brise-lames, la banque sur laquelle les plus malins tiraient des chèques en bois.

Et pour toutes les générations, un parc de promenade, poumon écologique de la ville, véritable « Central Park » de Sète.

 

Bref, les « Pierres Blanches » ont toujours servi de décor à la vie quotidienne de la ville, à ses rêves et à ses attrape-nigauds.

 

Et nous venons d’apprendre que, sans doute prenant conscience de tout cela, le maire avait décidé de retirer à la Communauté d’agglo, la compétence de leur gestion qu’il lui avait concédée en 2003 dans le cadre des compétences facultatives de cette dernière.

Il faut dire qu’en 2003, le maire de Sète était Président de la Communauté d’agglo et qu’il ne l’est plus. Ceci peut expliquer cela mais, ce n’est pas sûr.

 

Peut-être aussi que le Président de la Communauté d’agglo a trouvé que l’entretien du parc se révélait trop onéreux pour les communes de la communauté qui n’en font pas  un usage aussi intensif que les sétois ?

C’est possible, mais ce n’est pas sûr. On imagine en effet mal le maire de Sète vouloir faire une bonne manière audit président de la communauté d’agglo, maire de Frontignan qui lui a « piqué la place »….

 

Alors, il faut se résoudre à envisager une hypothèse plus vraisemblable : Tout cela ne serait que le résultat d’une supplique adressée au maire par un commerçant honorablement connu dans la ville de Sète qui exploite avec talent un petit établissement de toute petite restauration dont la réussite mérite à ses yeux d’augmenter la surface commerciale, ce qui ne semble être du goût ni du Président de la Communauté d’agglo ni des écologistes qui veillent à ne pas faire d’un site naturel un lieu perverti par la voracité du profit.

On sait combien il importe pour eux que le commerce ne soit pas l’élément perturbateur du respect de l’environnement.

 

Or donc le maire ne peut pas refuser un service à un ami. Son bon cœur le lui interdit. Il faut donc en passer par là : reprendre la gestion du site pour pouvoir honorer sa promesse quitte à ce que les contribuables soient une fois de plus les dindons de la farce. Ce sont eux en effet qui finiront par payer cette extension de surface en assumant désormais tout seuls l’entretien des Pierres Blanches » jusqu’ici payé par la Communauté.

 

Ce n’est pas sûr, mais si c’était vrai, on serait en droit de s’interroger sur le sens des affaires du maire de Sète, mais aussi de féliciter le Président de la Communauté d’agglo de sa capacité à refiler les bébés difformes à leur géniteur.

22/12/2012

UNE CULTURE DE GHETTO ?

 

Il semblerait que le maire ait décidé  de faire sortir « la Passerelle » de l’Ile de Thau de la compétence de l’agglo à laquelle elle avait été conférée en 2003 en même temps que tout le secteur de la culture.

 

La décision peut surprendre si l’on en juge par ses motifs fondés sur le fait que la programmation ne conviendrait pas à la population de l’île de Thau.

 

Y aurait-il deux cultures différentes selon l’habitat des populations ? Et faudrait-il prévoir une sous-culture pour les quartiers moins favorisés ?

 

Ce n’est pas en tout cas le choix qui nous avait guidés lorsque nous avions fait accéder la ville de Sète au rang de scène nationale englobant le théâtre municipal et « la Passerelle ».

 

L’idée directrice consistait à établir une mixité des populations en amenant la population du centre-ville à fréquenter « La Passerelle ».

 

Il est possible que l’entreprise n’ait pas réussi. Il y faut en effet beaucoup d’application et la ténacité d’un Robert Albiol pour y parvenir. Ce n’est pas donné à tout le monde.

Dans ce cas, il faut savoir remédier au malaise plutôt que de procéder à l’amputation.

 

Au demeurant, la scission de la scène nationale en deux entités peut sembler juridiquement difficile à réaliser. En effet le partenariat avec l’Etat n’est pas à la carte mais obligatoire.

 

Ne vaudrait-il donc pas mieux demander à la Direction Régionale des Affaires Culturelles de se mettre autour d’une table avec la mairie et l’agglo pour revoir la programmation et la rendre complémentaire à celle du théâtre Molière ? La production culturelle demande un effort constant de réflexion et doit se garder de toute démagogie. La première fait manifestement défaut et la seconde prend ses aises. La culture devrait inspirer le respect. Cette attitude aboutit au mépris.

 

La scène nationale avait pour objet, partant du principe que le public, quelle que soit son origine, était capable d’apprécier la qualité, d’offrir à toute la population sétoise le meilleur des productions du théâtre public et privé en évitant les spectacles débilitants où la vulgarité le dispute sottise.

 

Ce n’est manifestement pas l’esprit qui semble guider la municipalité sétoise. Va-t-on chercher à créer un nouveau ghetto culturel ? On peut le déplorer.