22/12/2012

UNE CULTURE DE GHETTO ?

 

Il semblerait que le maire ait décidé  de faire sortir « la Passerelle » de l’Ile de Thau de la compétence de l’agglo à laquelle elle avait été conférée en 2003 en même temps que tout le secteur de la culture.

 

La décision peut surprendre si l’on en juge par ses motifs fondés sur le fait que la programmation ne conviendrait pas à la population de l’île de Thau.

 

Y aurait-il deux cultures différentes selon l’habitat des populations ? Et faudrait-il prévoir une sous-culture pour les quartiers moins favorisés ?

 

Ce n’est pas en tout cas le choix qui nous avait guidés lorsque nous avions fait accéder la ville de Sète au rang de scène nationale englobant le théâtre municipal et « la Passerelle ».

 

L’idée directrice consistait à établir une mixité des populations en amenant la population du centre-ville à fréquenter « La Passerelle ».

 

Il est possible que l’entreprise n’ait pas réussi. Il y faut en effet beaucoup d’application et la ténacité d’un Robert Albiol pour y parvenir. Ce n’est pas donné à tout le monde.

Dans ce cas, il faut savoir remédier au malaise plutôt que de procéder à l’amputation.

 

Au demeurant, la scission de la scène nationale en deux entités peut sembler juridiquement difficile à réaliser. En effet le partenariat avec l’Etat n’est pas à la carte mais obligatoire.

 

Ne vaudrait-il donc pas mieux demander à la Direction Régionale des Affaires Culturelles de se mettre autour d’une table avec la mairie et l’agglo pour revoir la programmation et la rendre complémentaire à celle du théâtre Molière ? La production culturelle demande un effort constant de réflexion et doit se garder de toute démagogie. La première fait manifestement défaut et la seconde prend ses aises. La culture devrait inspirer le respect. Cette attitude aboutit au mépris.

 

La scène nationale avait pour objet, partant du principe que le public, quelle que soit son origine, était capable d’apprécier la qualité, d’offrir à toute la population sétoise le meilleur des productions du théâtre public et privé en évitant les spectacles débilitants où la vulgarité le dispute sottise.

 

Ce n’est manifestement pas l’esprit qui semble guider la municipalité sétoise. Va-t-on chercher à créer un nouveau ghetto culturel ? On peut le déplorer.

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