19/12/2012

Sur le port de Sète, incohérence et gaspillage

LA GABEGIE CONTINUE

 

 

Les annonces  concernant le port, faites par le Président de la Région avec l’assentiment du maire de Sète devraient faire trembler les contribuables.

De quoi s’agit-il en effet ? M. Bourquin, à l’encontre des économistes de toutes obédiences, estime qu’il faut créer des infrastructures avant que la demande ne se fasse entendre. Curieuse appréciation du bon usage des finances publiques qui exige, avant de les engager, de multiplier les précautions pour éviter les gâchis et ne pas créer les fameux « éléphants blancs » africains qui ont ruiné un continent.

Or M. Bourquin choisit le moment où l’économie maritime et portuaire n’a jamais été en si mauvais état – ce qu’il reconnaît d’ailleurs lui-même – pour se lancer à l’aveuglette dans un investissement public de 300M €, représentant d’après lui 40% des investissements de la Région. C’est cette pratique que dénoncent en chœur aujourd’hui tous les gens sensés avec à leur tête  le Président de la République.

On sait ce qu’il est advenu d’investissements pharaoniques de même nature réalisés à la fin des années 70 qui devaient replacer le port de Sète dans le peloton de tête des ports français. De la 7ème place, il a rétrogradé à la 10ème et n’a jamais pu compenser par aucun nouveau trafic la perte des hydrocarbures survenue en 1983 avec la fermeture de la Mobil à Frontignan. Et encore, à l’époque, pouvait-on encore imaginer qu’une politique « keynésienne » aurait quelque chance de succès. L’échec de cette politique aurait dû servir de leçon. Malheureusement, l’ambition politique a depuis longtemps pris le pas sur l’intérêt des citoyens et on mènera à son terme un projet inutile qui finira de ruiner le Languedoc-Roussillon et les Sétois.

La situation géographique du port de Sète ne peut permettre d’espérer réintégrer l’équipe de tête des ports français déjà mis à mal par une concurrence européenne qui n’en laissera subsister que 3 ou 4. Seuls quelques mauvais conseillers du Président de la Région peuvent y trouver un intérêt personnel. Il faut savoir y résister.

300 M€ pour atteindre au mieux 4.500 tonnes de trafic que seule la conjoncture permettra d’atteindre sans aucun investissement supplémentaire, c’est ce que l’on peut appeler de la gabegie.

Quant au port de plaisance, c’est pire que tout ce qui pouvait être imaginé.

En fait de Venise, Sète va avoir le port le plus sordide du Languedoc Roussillon, coincé entre la route et la voie ferrée, les usines du port de commerce et la partie dépôt du port de pêche. On pouvait espérer mieux. Mais François Commeinhes se tait.

 

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